OGM – Les paysans Haïtiens ne veulent pas de Monsanto

Publié le par Aleth

 

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Les paysans Haïtiens refusent le don de maïs de Monsanto, la firme agrochimique américaine, qui propose ainsi d'aider le pays à se reconstruire. En situation d'extrême besoin, comment l'île peut-elle refuser une telle offre ?

 

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Chemises rouges et chapeaux de paille, les manifestants haïtiens (AFP) étaient entre 8.000 et 12.000 rassemblés à Hinche, dans le centre du pays, samedi, pour protester contre la distribution de semences de la firme multinationale Monsanto. Le gouvernement haïtien a accepté les 475 tonnes de maïs données par l'entreprise de biotechnologie, dans le cadre de Project Winner, une initiative de l'agence publique américaine d'aide au développement, l'Usaid. Alors que l'agriculture est une clé majeure à la reconstruction, le don de Monsanto constitue, selon Jean-Baptiste Chavannes, coordinateur du Mouvman Peyizan Papay (MPP) ''une attaque contre l'agriculture paysanne, contre les fermiers, contre la biodiversité, contre les semences locales, contre ce qui reste de notre environnement en Haïti''.

 

Mais la firme de biotechnologie américaine se dit victime d'une ''campagne de diffamation fondée sur des informations inexactes et de fausses accusations'' d'après la presse locale. Les 475 tonnes de maïs données à Haïti ne seraient en aucun cas des semences OGM. Elles auraient même été spécialement sélectionnées pour les conditions de culture haïtienne et les pratiques agricoles, avance Kathleen Manning, porte-parole de Monsanto. Il s'agit de ''semences hybrides conventionnelles, déjà utilisées en République dominicaine''.

Monsanto sans scrupules ?
La firme biotechnologique est le leader des OGM, et le premier semencier de la planète. Mais son passé n'a pas toujours été très glorieux. Fondée en 1901 par John Francis Quenny, l'entreprise aura fabriqué autant de la saccharine, que de l'aspirine, des détergents industriels et du plastique, mais surtout de l'engrais, de l'herbicide et des hormones de croissance bovine. Plusieurs fois condamnée, la société américaine est accusée par ses détracteurs de promouvoir des produits nocifs, pour la santé et l'écosystème, mais aussi de falsifier les résultats d'enquêtes scientifiques. Les semences non OGM fournies à Haïti, en Afrique et en Amérique du Sud, sont produites à partir d'un croisement entre deux variétés différentes de plantes, visant en effet à produire des rendements plus élevés et des plantes plus résistantes. Mais ces plantes sont stériles. D'une saison à l'autre, les paysans sont donc contraints de racheter, à Monsanto, de nouvelles semences, et tombent dans une véritable dépendance économique.

Et chez nous, comment ça se passe ?
Les semences de Monsanto s'imposent difficilement dans l'Union européenne. La Commission européenne cherche actuellement à débloquer les autorisations de cultures d'OGM dans l'Union européenne. Le commissaire à la santé, John Dalli, a donc proposé de laisser les gouvernements libres de les interdire sur leur territoire. Les gouvernements ne veulent donc pas définitivement fermer la porte aux OGM, et un premier débat est attendu à l'occasion de la réunion des ministres de l'Environnement les 10 et 11 juin à Luxembourg. Alors que les cultures OGM sont en recul en Europe, sept pays, dont la France et l'Allemagne, ont déjà interdit la culture du MON 810, de l'américain Monsanto, en raison des risques de contamination des cultures traditionnelles et biologiques dans la zone de culture. En France, début mars, la secrétaire d'Etat à l'Environnement, Chantal Jouanno expliquait : ''Pour l'instant, je vois bien les intérêts financiers, mais pas l'intérêt pour la société''.

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Le Monde selon Monsanto
En 2008, Marie-Monique Robin après avoir sillonné la terre entière, réalisait le documentaire Le Monde selon Monsanto, diffusé sur Arte. La journaliste n'y épargne aucune des immoralités de la firme. Elle montre notamment, comment, pour empêcher la diffusion d'une étude scientifique qui établissait la contamination transgénique du maïs mexicain d'Oaxaca, la firme est allée jusqu'à écrire des e-mails de chercheurs fictifs qui discréditaient les auteurs de l'étude. De la ville d'Anniston (Alabama) polluée par les huiles chimiques, aux champs de soja transgénique du Paraguay, en passant par les plantations de coton transgénique d'une région d'Inde, Marie-Monique Robin n'a pas hésité à montrer l'emprise de Monsanto sur le monde agricole, et son pouvoir de destruction massive.

Télérama, Comment Marie-Monique Robin a percé le mystère Monsanto


Source lepetitjournal

 

 

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