Nous sommes tous des Grecs !

Publié le par Aleth


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Une nouvelle tempête souffle sur la Grèce. Cette tempête porte un nom, la colère du peuple. Elle ne se limite plus aux anarchistes et jeunes universitaires de la « Génération 600 euros » qui ont fait couler beaucoup d’encre dans la presse alternative, en décembre 2008. Comme en témoignent les derniers événements survenus en ce mois de mars 2010, les honnêtes travailleurs grecs refusent de se plier au projet de loi intitulé « Mesures d’urgence pour faire face à la crise financière  ».


Dans ces conditions, qu’en sera-t-il dans les autres pays du PIIGS ? Est-ce que de nouvelles cellules tempétueuses vont s’y créer en provoquant le risque de recouvrir toute l’Union européenne ? Est-ce que pour sauver l’euro, le Portugal, l’Irlande, l’Italie, la Grèce et l’Espagne vont être contraints de « restaurer la souveraineté monétaire » ou l’humanité approche à grands pas d’un nouvel ordre économique mondial ? Nouvel épisode de la récession économique mondiale au berceau de la démocratie.

Mesures de pillage du peuple grec

Les mesures d’austérité du gouvernement socialiste grec, portent sur 4,8 milliards d’euros, dont la moitié provient d’une augmentation des recettes de l’Etat et l’autre moitié d’une réduction des dépenses.

Dans le détail, les mesures concernant les recettes (hausse de 2,4 milliards d’euros) :

1) Hausse de deux points du principal coefficient de la TVA de 19% à 21% (pour les autres coefficients de la TVA, de 4,5% à 5% et de 9% à 10%), ce qui doit rapporter 1,3 milliard d’euros, soit 0,55% du Produit intérieur brut (PIB).

2) Hausse des taxes spéciales sur la consommation: alcool (+20%), tabac (+63% à 65%) et carburants (+8 centimes d’euro par litre d’essence et +3 centimes par litre de diesel), et nouvelles taxes sur des produits de luxe (i.e. voitures de plus de 35.000 euros, yacht, hélicoptères privés). La hausse des taxes spéciales sur la consommation doit rapporter 1,1 milliard d’euros, soit 0,45% du PIB.

Celles concernant les dépenses (réduction de 2,4 milliards d’euros) :

1) Réduction de 30% du 13e mois et de 60% du 14e mois de salaire touchés par les employés du secteur public.

2) Réduction de 7% des revenus et des primes des entreprises publiques et organismes financés par l’Etat.

3) Gel des retraites des salariés des secteurs public et privé.

4) Réduction de 10% du financement par l’Etat des caisses de retraite de l’entreprise publique d’électricité (DEI) et de l’opérateur grec des télécoms (OTE).

Ces quatre mesures représentent des économies de 1,7 milliard d’euros, soit 0,7% du PIB.

5) Réduction de 5% du programme des investissements publics, soit 500 millions d’euros.

6) Réduction de 200 millions d’euros du programme d’investissements et de nouveaux programmes prévus pour le ministère de l’Education.

Angela Merkel : große Schlampe !

Comme si ces mesures n’étaient pas suffisantes, la chancelière allemande Angela Merkel a affirmé jeudi à La Haye que la Grèce doit agir « elle-même » pour regagner la confiance des marchés dans l’euro et sortir le pays de la crise financière qui le secoue actuellement.

Sans rire, elle a encore déclaré, à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende : « Le gouvernement grec a fait un premier pas sérieux et courageux », mais « il doit continuer à faire des efforts dans cette voie ».

Que voudrait donc Merkel ? Que les grecs fassent don de leurs économies pour couvrir les opérations des spéculateurs encouragés par Bruxelles à mettre à sac leur pays ? De qui se moque-t-on ?

A l’occasion d’une rencontre à Berlin avec la chancelière allemande, François Fillion, qui ne rate décidément jamais une occasion de placer une imbécilité, lui a immédiatement emboité le pas, en déclarant qu’il n’y a « aucune divergence de vue » sur le dossier grec entre la France et l’Allemagne.

Le temps est venu de se préparer

A peine a-t-on désigné les responsables de cette attaque concertée sur la Grèce qu’on les a escamotés en expliquant qu’il serait compliqué de les traduire en justice et, qu’en somme, c’est le « système » qui est mauvais ou les marchés financiers qui sont irresponsables, et qu’il convient de le « réformer ». Des promesses déjà entendues lors du dernier G20 et qui n’ont abouti à aucun changement.

Si l'on veut vraiment s’en prendre à l’irresponsabilité, il y a une méthode : trouver les responsables. On explique tellement que c’est le « système » qui est mauvais qu’on en oublie qu’en réalité ce sont des hommes, au sommet d’une « élite », qui le sont. Si ceux qui prennent des décisions voyaient plus souvent en revenir les conséquences, sous forme de balles par exemple, cela contribuerait efficacement à restaurer les aptitudes à la logique de nos dirigeants.

Certains s’offusqueront de la violence du propos, de même qu’ils sont outrés lorsque de jeunes manifestants grecs s’en prennent aux devantures des banques, qu’il aura fallu renflouer dans un premier temps pour mieux leur permettre de nous asservir aujourd’hui. Ce n’est évidemment pas nouveau que les hommes, même quand ils en sont victimes, sont portés à méconnaitre la violence là où elle est la plus répandue, comme dans la destruction de leur travail ou l’aliénation de leur droits fondamentaux, simplement parce que cela ne nécessite pas l’emploi visible de la force.

Il est urgent de comprendre que notre sort n’est pas séparé de celui des Grecs. Demain, ce sera le tour du Portugal, puis de l’Espagne ou de l’Italie, avant que le piège ne se referme sur nous tous.

Il convient donc, dès à présent, de se tenir prêt, de s’organiser et de garder à l’esprit ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.

Source Mecanopolis



« Brûlons le parlement ! » scandent les travailleurs grecs en colère


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Depuis minuit, la Grèce est complètement paralysée. Les avions sont cloués au sol et les bateaux ne quittent plus leurs quais. Les dessertes ferroviaires sont également interrompues. Une seule des trois lignes de métro fonctionne à Athènes pour permettre aux grévistes de se rendre aux manifestations prévues par les syndicats dans le centre de la capitale à la mi-journée. Tous les autres transports urbains (métro, bus, trolleys, tramways) sont à l’arrêt.

«La participation des travailleurs à la grève a touché les 90%, des milliers de travailleurs de tous les secteurs ont manifesté et protesté contre les mesures économiques et la politique sociale injuste», a affirmé un communiqué de la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE, un million de membres), organisatrice de la grève avec la Fédération des fonctionnaires.

Les forces anti-émeute ont à nouveau été complètement débordées par les manifestants en colère. Ces derniers n’ont pas hésité à lancer des cocktails molotov et autres projectiles sur les « forces de l’ordre », qui ont répondu par des tirs de gaz lacrymogène et matraquages divers.

Cela n’a pas empêché la foule de continuer à défiler vers le centre d’Athènes, en scandant des slogans comme « Brûlons le parlement ! », et détruisant sur son passage les vitrines des grands magasins chics du centre de la capitale.


Manœuvre de diversion


Ce n’est sans doute pas par hasard, mais plutôt pour faire diversion à cette contestation prévisible (d’ailleurs, TF1 ne l’évoquait ce soir qu’en termes de «
légers heurts ») que le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, patron de l’Eurogroupe, ont demandé cet après-midi une enquête de l’UE sur les produits financiers dérivés. Dans les chancelleries européennes, on craint sans doute que la contestation grecque ne suscite quelques vocations. Il convient donc de faire comme si l’on voulait faire toute la lumière sur ces étranges « spéculations », dont on feint de tout ignorer. Malheureusement, Juncker avait déjà admis, il y a presque un mois déjà, avoir utilisé les marchés pour faire pression sur la Grèce, de sorte à contraindre ce pays, pour commencer, aux réformes nécessaires et exigées pour la reconfiguration économique de l’Europe. Un programme sur lequel nous reviendrons en détail très prochainement.

Pire que nos plus pessimistes prévisions


Comme nous l’expliquions il y a quelques jours, cette idée de « fonds monétaire européen », qui n’est qu’une autre définition du projet de gouvernance économique, aurait besoin pour sa création que l’on modifie les traités de l’Union en vigueur, de sorte à ce qu’il soit sous le contrôle du parlement et donne au moins une vague impression démocratique. Et bien non ! Jean-Claude Juncker, toujours lui, expliquait hier que «
le problème est qu’une modification des traités prend du temps, plusieurs années au minimum » et que, pour venir très rapidement « en aide » aux pays en difficultés, il faut chercher une autre solution. Le patron de l’Eurogroupe l’a bien sûr déjà trouvée : « Il suffit de conclure entre les Seize (pays de la zone-euro) un accord intergouvernemental, qui fonctionnera en dehors des traités ».

Quelle heureuse trouvaille ! Ainsi le parlement européen n’aura aucun  mot à dire sur le fonctionnement de ce fonds monétaire, qui ne sera jamais soumis au moindre contrôle démocratique.


 
A qui le tour maintenant ?


Le quotidien
Le Monde indique que l’agence Fitch a mis en garde,  mardi 9 mars dernier, le Royaume-Uni, la France et l’Espagne sur la gestion de leurs finances publiques, les appelant à prendre des mesures de réduction des déficits « plus crédibles », au risque de voir leurs notes (AAA) remises en cause.

Paul Rawkins, l’un des responsables de Fitch, a également jugé insuffisant le rythme auquel le Portugal réduisait son déficit, ce qui pourrait amener à une dégradation de sa note, qui est aujourd’hui de AA, à BBB+. La même que celle de la Grèce.


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Source Mecanopolis




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