Karachigate, IRL mais pas fable

Publié le par Aleth

 

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L’air est à la traque de la corruption.


Des éditorialistes et quelques politiques y dénoncent "une dérive populiste" alors que, jour après jour, les uns et les autres, par leur refus d'énoncer les faits ou les énonçant hiératiquement ont contribué à nourrir ce qui les fait frémir.

L'exigence citoyenne de transparence n'est que le contrecoup logique d’une crise qui s’enlise et d’une violente rigueur qui s’installe en litotes.


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Le 30 juin 2010, Edwy Plenel, le rédacteur en chef de Médiapart, conviait les lecteurs à la maison des métallos pour une conférence sur le "karachigate" réunissant, entre autres, les journalistes ayant sorti l'affaire, le député rapporteur de la mission d'information, l'avocat et une représentante des familles des victimes.

Bien avant que le feuilleton de l'été Plus Bettencourt la Woerth ne lui fasse un peu d'ombre, le journal en ligne Mediapart avait déjà contribué à ré-orienter l’enquête sur l’attentat de Karachi du 8 mai 2002 vers la piste des commissions et des rétrocommissions, versées et non-versées.

Moins feuilletonesque que les échappées suisses et les accointances à la sauce grosse-thune du Ministre du Budget, le "Karachigate", s'articule autour de deux zones troubles de la cinquième république : La vente d’armes et le financement des campagnes politiques.

C'est également un sac de nœuds bien plus lourd de conséquences : 11 ouvriers de la DCN sont morts à Karachi dans un attentat au bus piégé et elle implique directement le premier des français.

Selon la police luxembourgeoise, celui qui était ministre du budget et responsable de la campagne présidentielle d' E.Balladur en 1994 aurait validé un système de corruption via la création d’une filiale luxembourgeoise, la société Heine, pour le transit de commissions sur des contrats d'armement.

A travers les différentes interventions et révélations de la conférence du 30 juin, les récits des multiples obstructions et refus rencontrés lors des investigations de chacun surlignent des évidences qu'il est bon de rappeler :

- L’importance du juge d’instruction dont notre glorieux Président souhaite se débarrasser.

- Le mur du secret défense.

- L'importance du rôle de contrôle de l'assemblée nationale.

- L’importance de la presse d’investigation pour contrebalancer la collusion croissante entre le judiciaire et l’exécutif.


1. Le rôle de la presse :
Un des deux Fabrice résume le rôle du journaliste normalement constitué :

« - Si on nous demande de ne pas regarder là, c’est précisément qu’il faut regarder là. »

Pour Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, journalistes à Médiapart (également en charge du dossier Bettencourt-Woerth), tout commence en avril 2008 avec la découverte du rapport Nautilus et un mémo signé par l’ancien directeur de la DNCI expliquant les dessous politico-financiers des grands contrats d’armement.

Le temps d’enquêter, ils publient en septembre 2008 un premier article qui va relancer, via un nouveau juge, Marc Trévidic, une instruction jusque là mollement menée par un juge pourtant expérimenté, Jean-Louis Bruguière, délaissant sciemment la piste financière alors qu’il disposait d’éléments.

Au sujet de leurs recherches, les journalistes évoquent un climat lourd, non pas de menaces mais d’obstruction continue, le tout dans un relatif mutisme médiatique ambiant validant implicitement la thèse présidentielle de la fable .

Selon l'avocat Olivier Morice : « - Un dossier de cette nature ne peut pas sortir sans le travail de la presse […] c’est un vrai travail d’investigation qui était très risqué pour leur réputation. »

Pour Magali Drouet dont le père est décédé dans l'explosion du bus pakistanais :

« - On n'y a pas cru au début. Mis à part les deux Fabrice, en France c’est bloqué sur cette affaire. »

Pourtant, le 18 juin 2010, lors d’une audience en huis-clos avec les familles des victimes et leur avocat, le juge Trévidic confirme aux familles la solidité de la piste des retrocommissions qu'il avait évoquée en juin 2009 suite aux documents publiés par Mediapart.


2. La collusion du judiciaire et de l’exécutif :
Maître Morice, qui reprend la défense des familles en 2009, évoque sa prise de conscience d'être confronté à une affaire d’état lors de la lecture, dans la presse, d’une note du procureur de la République de Paris, JC Marin.

Ce dernier y évoquait toutes les charges susceptibles de peser sur le réseau de financement occulte de Monsieur Balladur pour finalement exclure que les juges instruisent sur ces éléments!

O.Morice : « - Le procureur qui est normalement notre allié dans cette affaire fait tout pour freiner la recherche de la vérité. » [...] « - Il y a une dégradation dans l’éthique des magistrats du parquet qui ne sont plus là pour rechercher cette vérité mais pour protéger le pouvoir. »

Son impression est confirmée avec le communiqué de presse expéditif du procureur Marin en juin dernier, dans la foulée d’un nouveau dépôt de plaintes des familles auprès de la doyenne des juges de Paris.


3. Le mur du secret défense :
Bernard Cazeneuve, député PS de Cherbourg et rapporteur de la mission d’information sur l’attentat, dénonce la même ambiance que les journalistes autour de son investigation et tire les mêmes conclusions que l’avocat.

B. Cazeneuve : « - Jamais je n’ai vu un tel climat sur le sujet ! ».

Il revient sur les conditions d'enquête farfelues de sa mission d’information parlementaire. [1]

B. Cazeneuve : « - Comme il y a rien à voir, on s’emploie à ne rien nous montrer. »

Ses demandes au Ministère de la Défense ou au Ministère des affaires étrangères pour accéder au fameux contrat de vente "Agosta" des sous-marins ainsi qu’à la totalité des documents relatifs à l’affaire (notes, télégrammes diplomatiques, comptes-rendus…) ne sont suivis d’aucune réponse sérieuse.

Dans le même temps, Le ministre de la défense saisissait la CCSDN, commission consultative du secret défense, aux cinq membres tous nommés par l'UMP, [2] sur ces fameux de documents (alors que le juge ne les avait pas demandés, ce qui est la procédure) : totalement aberrant et preuve d'une panique gouvernementale.

Jacques Thérray de l'ONG Transparence International précise : "Le secret défense a une définition tellement large qu’il permet strictement tout."

Au départ destiné à se protéger des espions, il se retourne contre le citoyen.

Selon F.Lhomme, tant que le choix de proposer ce qui doit être dé-classifié ou non n'est pas laissé à une autorité indépendante du pouvoir, des affaires comme Karachi auront du mal à sortir. Le manque de suivi et de référencement dans les documents est également évoqué : flou législatif étonnant dans une société obnubilée par la traçabilité !

C'est désormais dans la presse que les documents "secrets" sortent ! Fort de ce constat, O.Morice nous annonce qu’il va déposer plainte pour entrave dans la dé-classification des documents.

Après l’entrave de l’exécutif, le député Cazeneuve aura également maille à partir lors de sa mission avec l’autocensure des parlementaires. Il n’a pas pu entendre le général Rondot ni Dominique De Villepin. E.Balladur ne sera auditionné que lorsqu’il en fera la demande, et restera très évasif sur les bordereaux du Crédit du Nord, anonymement envoyés à Maitre Morice [3], qui attestent d’un dépôt de 10 millions de francs en coupures de 100 et de 500 sur le compte de l’association des amis d’E. Balladur, quelques jours après le premier tour de 1995. Des dons de particuliers en billets de 100 et 500 ?

Le rapporteur (celui qui concrètement fait le boulot) sera finalement désavoué par le président de la mission, l'UMP Yves Fromion, pour ne pas s’être prononcé à 100% sur la convenable hypothèse Al-Qaida.

B. Cazeneuve : « S’il y a un devoir d’état, c’est la vérité que l’on doit aux familles et ce devoir d’état, le parlement doit y contribué ».

Implacable constat d'un regard extérieur, c'est un journaliste du Spiegel qui a la plus cinglante des conclusions :

"- Si dans l'affaire Woerth-Bettancourt on a facilement saisi les mots de "république bannière ", c'est d'autant plus vrai pour l'affaire de Karachi ! [...] On touche là aux fondements même de la cinquième république."

Et maintenant ?

- La prochaine étape est de forcer la justice à fusionner le volet terroriste (dont est en charge le juge Trévidic) avec le volet financier de l’instruction, d’où la multiplication des plaintes des familles des victimes.

- O.Morice nous apprend que Jérôme Boivin, homme clef des commissions a été mis en examen le 28 juin par le pôle financier pour corruption. J. Boivin a également fait chanter l'état français en réclamant 8 millions de francs. L'avocat des familles insiste sur le fait que si cette somme a été effectivement versée par l'état français à Monsieur Boivin pour qu'il se taise, c'est un nouveau scandale en perspective !

- Magali Drouet, qui est également salariée à la DCN, éclaire une salle abasourdie sur d’autres dimensions de « la pression ».

Après des années de mépris et de minimisation, elle a enfin été contactée par un haut-responsable de la DCN "qui [lui] a mis un chiffre sous le nez, 674.000 euros, et a dit "mademoiselle Drouet maintenant qu'est ce que l'on peut faire pour vous ?"

Ce à quoi elle a répondu :

" - Je leur ai dit qu'il fallait simplement qu'ils vident leurs fonds de tiroir et qu'il les transmettent au juge Trévidic."

Applaudissements de la salle.

D'autres aspects relatifs à la date de l'attentat (3 jours après l'élection de Jacques Chirac) [4] et ses conditions (professionnelles) d'exécution n'ont pas été abordées faute de temps mais, de l'avis de tous, l'affaire devrait s'accélérer dans les prochains mois.

Enfin, si l'on est encore en démocratie.

* * *

Le site Médiapart, que je remercie pour leur travail et cette conférence, publiera dans les prochains jours un dossier complet avec une web enquête-vidéo, sous titrée en anglais.

* * *

[1] A l'origine, avant protestation du député, le président de la mission et le rapporteur (celui qui fait vraiment le boulot) étaient la même personne… un député UMP.

[2] La CCSDN est une commission consultative qui ne statue que sur des documents que le juge veut bien lui fournir.

[3] Voyons-y la promesse d'autres révélations futures...

[4] Un chef de l'armée corrompu, en lien avec les services secrets Pakistanais a été condamné par un tribunal Pakistanais dans le cadre du contrat Agosta. Il est sorti de prison fin 2001, 4 mois avant l'attentat, avec une amende de 7 millions de dollars à régler au fisc local.

Complément vidéo :
Dernière conférence de presse des familles de victimes, le 16 juin 2010 :


KARACHI > CONFERENCE DE PRESSE p1 > 16.06.2010 de SEB MUSSET


KARACHI > CONFERENCE DE PRESSE // 16.06.2010 part2 de SEB MUSSET


Source Seb Musset




Les Attentats de Karachi n'ont rien à voir avec Al Qaida  

 

 

Karachigate: "On m'a proposé 674.000 euros pour me taire" (article lié)

 

 

Sarkozy: affaire Karachi

 


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Les attentats de Karachi, pouvoirs politiques et médiatiques


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Un attentat meurtrier attribué de manière catégorique à Al Qaeda, une obstruction manifeste du pouvoir politique lors de l'enquête, une affaire de corruption mêlée au complexe militaro-industriel.
Voici les protagonistes d'une affaire ayant bien des points communs avec le 11 septembre 2001.

Alors que les deux journalistes de médiapart, Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, viennent de publier leur ouvrage sur les attentats de Karachi, on peut constater sans trop d'effort et très logiquement, qu'à chaque fois qu’une affaire touche "la raison d'État", les enquêtes et autres investigations sont rendues extrêmement difficiles.
À tous ceux qui crient au délire lorsque l'on explique que le gouvernement Bush a empêché toute enquête indépendante sur les attentats du 11 septembre, il est désormais facile de les renvoyer à cette affaire d'actualité franco-pakistanaise.

Une des conclusions de l'enquête des journalistes de médiapart est que la thèse attribuant les attentats de Karachi à Al Qaeda n'est qu' "une pure construction policière". Plus grave encore, ils prouvent que le juge Jean-Louis Bruguière a délibérément mis de côté la piste de la corruption dans un contrat d'armement, alors que son rapport d'instruction comportait de nombreux éléments clés désignant manifestement la piste des commissions occultes mettant directement en cause Édouard Balladur et Nicolas Sarkozy.
Ici encore, on retrouve des méthodes classiques d'obstruction à la justice des éléments d'enquête dissimulés ou gardés hors de connaissance des parlementaires.


Dès lors, on a du mal à comprendre pourquoi la plupart des journalistes français font coalition et s'opposent à toute réflexion critique de la thèse officielle des attentats du 11 septembre 2001 donnée par le gouvernement Bush. Nous avons pourtant sous les yeux, une affaire de moindre envergure, mettant directement en cause des dirigeants de notre pays; et l'on constate une réponse similaire du pouvoir politique, qui vise à étouffer l'affaire pour se protéger de fâcheuses retombées. Autre similitude, le bouc-émissaire tout trouvé est Al Qaeda. Et malgré le fait que l'ex-directeur du contre-terrorisme de la DGSE ait déclaré qu'Al Qaeda était morte en 2002, le juge Bruguière, lancé dans l'aventure politique au sein du groupe UMP, n'a cessé de désigner ce coupable facile en évitant méticuleusement tous les éléments pointant la responsabilité vers des responsables politiques.

N'y voyez pas un raccourci hâtif, les nombreux parallèles entre ces deux affaires sont réunis ici pour prouver aux sceptiques qu'il est primordial de pouvoir enquêter sur ce qui s'est passé le jour du 11 septembre 2001. Tout comme les familles des victimes de l'attentat de Karachi, de nombreuses familles des victimes américaines réclament encore, neuf ans après, une enquête indépendante pour comprendre les raisons du décès de près de 3000 personnes.

L'affaire de Karachi donne bien la mesure de l'indépendance du pouvoir judiciaire de notre pays. Comme dans tous les aspects de notre société, il s'agit d'un rapport de forces, familles des victimes contre dirigeants politiques, journalistes et parlementaires contre responsables de corruption, citoyens face aux raisons d'État et à l'industrie de l'armement. L'avancée de l'enquête sur l'attentat de Karachi est le reflet de l'état de santé de notre société. Tout comme le traitement des attentats du 11 septembre 2001 met en lumière les valeurs et éthiques souvent bafouées.

Comme pour le 11 septembre, le coupable désigné est Al Qaeda.
Comme pour le 11 septembre, l'enquête est entravée par le pouvoir politique.
Comme pour le 11 septembre, les pseudo-experts omettent sciemment les pistes dérangeantes.
Comme pour le 11 septembre, les médias relatent l'avancement de cette enquête difficile. (Aux USA, de nombreux membres de la commission d'enquête ont dénoncé l'obstruction faite par le gouvernement Bush.)

Et comme pour le 11 septembre 2001, on peut prédire que l'enquête va lentement s'enliser, que les responsables ne seront pas inquiétés. De cette affaire restera une idée trouble et diffuse, sans véritable coupable déterminé. Le spectre d’Al Qaeda, coupable potentiel et non disculpé, persistant encore dans l'imaginaire comme un épouvantail efficace.  Mais à trop utiliser cette marque déposée de la terreur, la population risque ne plus être crédule...

A moins que le courageux magistrat anti-terroriste Marc Trévidic, les familles des victimes, les citoyens, et les véritables journalistes ne se montrent plus exigeants envers leurs dirigeants!

Visitez le site des familles des victimes: http://www.verite-attentat-karachi.org/

Edit: Les familles des victimes des attentats de Karachi invitent tous les lecteurs a signer leur pétition ici: http://www.verite-attentat-karachi.org/?page_id=171

Pensez à les soutenir, c'est un geste citoyen que d'élever la voix pour réclamer la vérité sur ces évènements!


Source ReOpen911/Mediapart

 


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Karachi, affabulations politiciennes en eaux troubles

 

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J’ai, il y a quelques semaines rencontré un haut responsable de DCNS. Il m’a mis sous le nez un chiffrage de la mort de mon père pour la somme de 674 000€. Ce chiffrage était noté sur une feuille qu’il m’a présentée. Un peu plus en avant dans la discussion, alors que la feuille était toujours sur la table, l’homme tapotant du doigt m’a demandé “que peut on faire pour vous”. J’ai certes trouvé une certaine ambiguité dans ces propos… Maladresse ou proposition indécente, rien de certain. Toujours est-il que je lui ai simplement répondu que pour m’aider DCNS pouvait vider ses « fonds de tiroirs » et laisser travailler la justice” La fille d’une victime de l’attentat de Karachi, le 30 juin 2010 à Paris lors d’une conférence à la maison des métallos.

La France est (devenue) un pays formidable. On y raconte des histoires à dormir debout. Des récits fantasmagoriques qui auraient pour personnages principaux les hauts dignitaires des palais et autres châteaux de la République. Des affabulations journalistiques mettant en exergue des pratiques répréhensibles pour le commun des citoyens, des turpitudes entrainant la mort de ressortissants français travaillant à l’étranger. De grandes amitiés de trente ans, qui finissent en petites coupures et en tôles dévastées. Avec l’affaire Karachi, l’Hexagone plonge dans le trou noir de la République. L’inavouable business occulte de la mort et de la politique. Celui que l’on lit habituellement dans les chefs-d’œuvre de J. Le Carré.

Trahisons et ambitions
Deux ressorts de toute bonne histoire, l’ambition et la trahison poussent le plus probe des hommes (ainsi que sa suite) à piétiner une relation confraternelle de trois décennies, au sein d’une même organisation politique. E. Balladur, Premier ministre se rêve monarque en lieu et place de son ami J. Chirac. Qui attend patiemment son tour depuis des lustres. Profitant des oracles sondagiers, avec ses séides du moment N. Sarkozy et F. Léotard, le Premier ministre fomente une rébellion qui débouchera sur une candidature alternative à droite. En janvier 1995.

Une campagne présidentielle coûte horriblement cher. Alors que le candidat naturel du RPR dispose des fonds du parti, les sécessionnistes doivent trouver les deniers nécessaires à leur entreprise.

Espèces sonnantes et trébuchantes
Le donateur balladurien est réputé prodigue. C’est 10 millions de francs en petites coupures (500 et 100 francs) qui seront déposés sur le compte de campagne du candidat Balladur. Selon les dires de l’intéressé dans une première version, issus de la collecte auprès des militants, puis dans une seconde où la banque aurait transformé cette (collecte de) menue monnaie en liasses bien formatées.

En septembre 1994 (soit 4 mois avant le coming out balladurien), une vente de sous-marins de type Agosta est signée avec le Pakistan. Le système de commission occulte, mais “légale” pour arroser l’administration et les intermédiaires afin de “faciliter » la vente constitue une pratique « normale”. Ce qui l’est moins, c’est l’apparition d’une seconde équipe de “consultants” pour la transaction. À ce moment-là naissent les soupçons de rétro-commissions qui auraient servi au financement de la campagne d’E. Balladur. L’argent de cette seconde équipe ne serait pas allé jusqu’au Pakistan, mais aurait fait le chemin de retour vers la France jusqu’à la caisse électorale du candidat Premier ministre.

Z. Takieddine déclare aux journalistes de Mediapart à propos des infirmières bulgares “C’est moi qui les ai fait libérer en 2007”. C. Guéant, secrétaire général de l’Élysée confirmera du bout des lèvres “le rôle important” de Z. Takieddine. Les responsables de la DCN citeront l’homme d’affaires franco-libanais comme intermédiaire dans la vente des sous-marins au Pakistan en 1994. Et donc un rouage des rétro-commissions. L’ami de N. Sarkozy, comme il se plaît à le dire, nie et porte plainte contre X. Évidemment.

Quand les ressortissants français paient de leur vie pour des “losers”
Le 8 mai 2002, un attentat pulvérise le bus transportant des travailleurs de la DCN. Bilan, 14 morts, dont 11 ressortissants français. La thèse officielle dans ce contexte post-11 septembre est la piste Al-Qaïda. Il ne peut en être autrement.

7 ans plus tôt, (presque) jour pour jour, le candidat Balladur prend le bouillon lors de l’élection présidentielle de 1995. Laminé par son rival J. Chirac. À titre de rétorsion, le nouveau président bloque les versements restants de commissions “occultes” pour la vente d’armes. Battement d’ailes de papillon ? Les conséquences sont épouvantables pour les victimes du bus de Karachi. Car d’une rétorsion, les lésés sur place en gardent une rancune tenace envers l’État français, mauvais payeur. Une rancune de 7 années. Qui finira en conflagration, déchiquetant corps et cœurs.

Tout ceci n’est qu’une fable. La France est une démocratie irréprochable. Quand une mission d’information parlementaire (dont une des prérogatives est le contrôle de l’exécutif) sur Karachi ne reçoit comme pièce du dossier qu’une revue de presse de 20 pages, alors qu’elle demandait le contrat de vente des sous-marins et tous les éléments administratifs et diplomatiques relatifs à la transaction, la République évolue en plein fantasme. Lorsque sur un rapport de 137 pages du GIGN, 3 pages (d’une banalité confondante) sont déclassifiées, c’est qu’il n’y a rien à cacher.

Le gouvernement s’arc-boutant sur la thèse : Il n’y a rien à voir, donc rien à chercher.
Une affaire qui aura mis 8 mois pour arriver jusqu’au sommet des médias avec par exemple une diffusion de 60 minutes sur France 2. Des médias omettent scrupuleusement de citer le président de la République. Les journalistes de Mediapart, F. Lhomme et F. Arfi témoignent des railleries de leurs confrères, de l’ambiance pesante, et de menaces allusives sur les investigations du dossier Karachi. C’est un journaliste allemand de Der Spiegel qui dira du petit monde médiatico-politique français à propos de cette affaire “Je tombe sur mon cul !”.

Tout ceci n’est qu’une fable. Racontée avec réalisme dans le livre de F. Lhomme et F. Arfi, “Le contrat”. Ils y relatent une histoire de mallettes pleines de billets qui circulent au sommet de l’État débouchant sur un attentat faisant 14 morts. Des hommes de l’ombre tirant les ficelles pour étouffer un dossier. Un gouvernement dégainant systématiquement “le secret défense” pour faire obstruction à l’avancement d’une enquête. Les auteurs soulèvent le couvercle de la boîte de Pandore des ventes d’armes, que leurs confrères rechignent à regarder.
Une fable qui ne se trouve pas dans le rayon science-fiction des librairies.

 

Source Piratage(s)

 


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Karachi, l'enquête impossible

 

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Attention : une affaire peut en cacher une autre.

Alors qu'émerge une nouvelle histoire de sous-marins certifiée OK par le monarque, Mediapart vient de publier une vidéo résumant le débat sur "l'affaire Karachi" (contrat de vente de sous-marins au Pakistan en 1994 qui s'est soldé par la mort de 11 français en 2002) organisé le 30 juin 2010 à la maison des Métallos.

Olivier Morice, avocat des familles, pointe le manque d'indépendance du parquet.

Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, (les journalistes de Mediapart dont les révélations et les documents publiés contribuèrent à réorienter l'instruction sur la piste "cruellement logique" des retro-commissions à laquelle serait liée E.Balladur et son ministre du budget de l'époque), font part des obstacles rencontrés lors d'une enquête relative à la vente d'armes par l'état français : "le trou noir de la république"

Magali Drouet, fille d'une des victimes de l'attentat, révèle la récente proposition de la DCNI.

Bernard Cazeneuve revient sur la mauvaise volonté des ministères contactés et le désaveu de dernière minute du président de la mission parlementaire dont il était le rapporteur, au simple fait que le député ne validait pas à 100% la thèse d'un attentat signé Al-Qaida.

"Il parait que tout cela, c'est des comportements normaux de la part de gens sereins à l'égard d'une affaire qui n'en est pas une."

 

Karachi, l'autre affaire qui affole l'Elysée
 

Vous trouverez sur Mediapart, un dossier + un documentaire sur l'affaire ainsi que les revues de presse et vidéos sur le blog karachigate. 

 

Source Seb Musset

 

A lire également...

« Nicolas Sarkozy est au cœur de la corruption dans l’affaire de l’attentat de Karachi »
'Karachigate' : au coeur de la corruption
Attentat de Karachi - Mensonge et affaire d'Etat

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Liste non exhaustive des scandales liés à l'actuel pouvoir en place dans notre si belle 'République'. Il y a de quoi avoir la gerbe, ou l'envie, le besoin que déguerpisse toute cette 'racaille'. Nixon est tombé pour moins que ça...

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/une-effarante-accumulation-de-76929

 

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Publié dans France

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