DSK plaide pour que le FMI devienne la Banque Centrale du Monde

Publié le par Aleth


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A l’invitation de la Banque Centrale de Turquie et du Comité pour la «réinvention» des institutions de Bretton Woods, Dominique Strauss Kahn a exprimé son souhait de voir que le Fonds Monétaire agisse comme Banque Centrale du monde.

Dominique Strauss Kahn a, pendant une heure, présenté à Istanbul les leçons qu’il tire de la crise financière et son évaluation de la situation. Selon les personnes présentes, l’homme est devenu à la fois un professionnel de la communication et un leader d’envergure mondiale. Son propos allait bien au-delà des seules attributions du FMI.

Son évaluation de la reprise économique est qu’elle est fragile. Elle progresse plus lentement que les reprises précédentes après la crise et requiert le développement de stratégies pour l’emploi à travers les économies mondiales. La reprise du recrutement est limitée à certains secteurs et nous aurons à vivre avec un niveau de chômage élevé dont personne ne sait vraiment quand il diminuera de manière significative.

Mais son plaidoyer le plus audacieux, c’est de faire du FMI le «prêteur de dernier ressort» du système monétaire mondial, en d’autre termes, diminuer en grande partie le rôle des banques centrales nationales au profit d’une mise d’une part importante des réserves mondiales ($ 8 milliards) en commun pour permettre des interventions de crise et préventives plus appropriées que le système actuel.

Quelles que soient les probabilités de voir sa vision réalisée, le Directeur General du Fonds Monétaire International continue à faire pression pour un accroissement des capacités d’intervention. Le lancement de «lignes de crédit flexibles» pour les pays dont l’économie n’a besoin d’interventions structurelles a d’ores et déjà amené des accords avec la Pologne, la Turquie et le Mexique. Et son affirmation sur le caractère indispensable d’une coopération internationale dans ce domaine est incontestable. Dominique Strauss Kahn a définitivement acquis une autorité dans le monde financier.

UNE MONNAIE POUR LE MONDE - COMMENTAIRE DE JACQUES ATTALI

Comme on pouvait le prévoir depuis que le G20 de Londres a choisi de sortir de la crise des finances privées par l’augmentation illimitée des dettes publiques, la crise financière mondiale dérape en crise des finances publiques. Les marchés ne croient plus les gouvernements capables de rétablir leurs équilibres et font le pari que quelque chose va s’effondrer.

D’abord, pronostiquent-ils, des pays tomberont, comme on l’a vu déjà avec l’Islande, l’Irlande et la Grèce. Puis, l’euro lui-même disparaitra, car il ne pourra durablement exister sans solidarité fiscale entre les pays partageant la même monnaie. Puis ce sera le tour du système financier mondial, si on continue à y émettre de la monnaie de façon aussi illimitée, bien au-delà de la production réelle de richesse.

Pour l’empêcher, il ne suffira pas d’empêcher la spéculation : elle révèle une tendance profonde, qui ne saurait être inversée par la seule interdiction des paris sur son évolution. Il faut aller plus loin et rétablir des financements sains des Etats.

Pour y parvenir, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, vient d’émettre une proposition très rationnelle [...]. Il vient en effet de demander que soit donné à l’institution qu’il dirige un mandat de supervision du système financier international, avec droit d’intervention dans les affaires budgétaires des nations, pour éviter que les pays continuent à s’endetter sans contrôle, promettant en échange d’accorder aux Etats dont le comportement budgétaire deviendrait raisonnable des lignes de crédit à court terme en complément de celles que leur accordent déjà, de facon presque illimitée, les marchés financiers et les banques centrales. Il a même proposé de fournir aux Etats en difficulté «un actif de réserve émis mondialement, semblable, mais dans des aspects importants différents, aux Droits de tirage spéciaux (DTS)».

En toute logique, la mise en œuvre de cette proposition déboucherait sur la transformation du FMI en banque centrale planétaire assurant la liquidité de tout le système financier international avec une monnaie unique mondiale. Cette idée rejoint celle du Bancor qu’avait proposé Keynes au moment de la création du FMI en 1944 [...].

Source CROM


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Publié dans Economie

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Comparabanques 15/03/2010 16:19


Oui une banque mondiale et un gouvernement mondial bientôt.