Démission(s) au pouvoir sarkozyaque

Publié le par Aleth

 

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Et d’une et de deux : le joyeux Joyandet et le fumeux Blanc démissionnent. L’un plus vite que l’autre. Il est vrai qu’en jet privé on va plus vite qu’avec un barreau de chaise entre les lèvres et les pouces dans les bretelles.

Le premier à dégainer est le jet(-seteur ) le joyeux Joyandet, dimanche en fin d’après-midi après un verre à la terrasse de sa villa pré-tropézienne (là c’est du roman il était à Paris ou peut-être à Vesoul à écouter de l’accordéon et Jacques Brel). Et voici ce qu’il nous déclare benoîtement la main sur le cœur (Libération) :
« L’homme d’honneur que je suis ne peut accepter d’être victime d’un amalgame. Après mûre réflexion, j’ai décidé de quitter le gouvernement », déclare-t-il dans un billet intitulé « J’ai décidé de quitter le gouvernement » et publié dimanche sur son blog www.joyandet.fr.
[…]
 
« Pas un euro public n’a été détourné pour mon enrichissement personnel ou celui de mes proches », souligne Alain Joyandet, qui a « bien évidemment informé le président de la République, qui peut compter sur (sa) fidélité et (son) amitié ».
 
« En 1995, année de ma première élection comme maire de Vesoul, je faisais déjà campagne sur le thème de l’exemplarité. Toute mon action publique est en conformité avec cette exigence et avec les impératifs de l’intérêt général », affirme Alain Joyandet.
 
« Je n’ai jamais eu besoin de la politique pour vivre. J’ai un métier. J’ai créé mon entreprise il y a près de 30 ans. Cela m’a procuré une grande liberté. Je suis entré en politique par passion, pour servir la France », déclare-t-il encore sur son blog, en se félicitant d’avoir « oeuvré pour les pays en voie de développement, le renforcement de nos liens avec l’Afrique et la promotion de la francophonie dans le monde »
.
 
Il est bon pour nous de revenir sur cette déclaration car les mots honneur et intérêt de la Nation ne doivent pas sortir du même dictionnaire que celui de quelques millions de Français. Tout d’abord il y en a assez de cette manie de parler d’enrichissement personnel qu’il n’y a pas. Est-ce que d’utiliser d’un jet privé à 116.500 € ce n’est pas un signe extérieur de richesse ? Je veux dire par là qu’il n’y a pas besoin de détourner des fonds pour vivre comme un nabab aux frais de la République. Alors si ce n’est pas illégal (quoiqu’encore il faudrait bien le vérifier) cela correspond furieusement à la même chose qu’il y a entre la nue propriété et l’usufruit. Joyandet n’a pas la nue propriété de l’enrichissement personnel mais bien son usufruit. Cette déclaration est de l’arrogance et du déshonneur.
 
Comment peut-on parler de la défense de l’intérêt général et de l’honneur de s’y atteler quand en pleine crise économique on utilise un moyen de transport qui peut coûter entre 50 et 100 fois le coût d’un déplacement normal aux frais de la Nation ? Comment peut-on parler de dévouement à la politique quand on est à la fois ministre et conseiller régional, cumulant poste et rémunération ? Comment le peut-on alors qu’un poste de ministre se doit être à temps plein et que de ce fait cumuler deux fonctions politiques est la négation du dévouement et l’arrogant mépris de ses électeurs ? Comment peut-on parler de défendre les intérêts de la Nation quand professionnellement, toujours en pleine crise, on fait avec sa famille œuvre de destruction d’emplois en France au profit de l’Allemagne ? (rue89) :
 

Peut-on appeler à la défense de l’intérêt général et défendre sa petite entreprise ? Cas d’école : celui du secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet, qui possède une société de distribution de bateaux équipés de bois précieux africains.


Lorsqu’il est monté dans l’avion direction Libreville avec Nicolas Sarkozy, Alain Joyandet a endossé pour 48 heures ses habits de représentant de la République. Quand, ce week-end, il sera de retour en Franche-Comté, où il dirige la liste UMP pour les régionales, il pourra se transformer en VRP de l’esprit d’entreprise.
 
Et pour cause : malgré l’obligation faite aux membres du gouvernement d’interrompre « toute activité professionnelle » (article 23 de la Constitution), Alain Joyandet reste l’actionnaire majoritaire d’une kyrielle de sociétés, sans y avoir de responsabilités opérationnelles :
 
Il possède 99% de Mediatour, SARL jouant le rôle de holding, les autres actionnaires étant sa femme et ses trois enfants, la société est gérée par Martine Joyandet ;
Mediatour possède 80% de Bateaux Moteur Bavaria France, SARL gérée par Elodie Sassard, spécialisée dans « l’achat, la vente, l’importation, l’exportation et la location de bateaux à moteur » ;
Mediatour possède 80% d’Europe Yachts, SARL gérée aussi par Elodie Sassard, spécialisée dans « la vente, l’achat, la location de tous navires de plaisance et de tous accessoires, accastillage, agrès, apparaux ».
Mediatour possède 80% de Yachting Selection, SARL gérée par Elodie Sassard, dont l’objet est « l’achat, la vente, la location de bateaux, les opérations de courtage maritime, d’assurances et de services divers attachés aux bateaux ».
Précisions : Martine Joyandet est l’épouse du secrétaire d’Etat, Elodie Sassard est leur fille.
 
Joyandet est distributeur du deuxième fabricant allemand de bateaux de plaisance
 
« Depuis le 19 mars 2008, précise Alain Joyandet par le biais de sa conseillère presse, j’ai abandonné toute activité professionnelle. »
 
En fait, c’est le 31 mars 2008, au cours d’une assemblée générale, que le nouveau secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie abandonne à sa femme la gérance de la société.
 
Mediatour, société au capital d’1,85 million d’euros, peut donc continuer à superviser l’activité des sociétés du groupe. L’ensemble a notamment pour activité la distribution des bateaux Bavaria. Bavaria ? Un constructeur allemand de voiliers et bateaux à moteurs.
Sur les 26 modèles de bateaux, tous ont des bois précieux.
 
Ah il peut donc nous parler de coopération avec l’Afrique. N’y avait-il pas là aussi un conflit d’intérêt ? L’Afrique c’est aussi les bois précieux, bois utilisés dans les bateaux que sa société vend au profit d’une entreprise extérieure à la France. Alors parler de l’intérêt de la Nation quand tant professionnellement que politiquement on la pille il y a mieux comme preuve de son honneur.
 
Pour relancer son offre sur les voiliers haut-de-gamme, Bavaria a récemment créé le 55, un modèle luxe dessiné par le grand architecte naval néo-zélandais Bruce Farr et les designers de BMW. Le tout pour la coquette somme de 309.764 euros, « livré en France ». A ce prix, voici ce que les marins ont :
 
« Wenge pour le plancher, chêne pour les meubles, formes rectilignes, le carré du 55 ouvre une nouvelle ère. »
 
A priori, rien d’exceptionnel dans cette légende photo de Voile magazine (p. 39, numéro de juillet 2009). Sauf que le « wenge » est une espèce de bois africain exotique très prisée des esthètes mais aussi de plus en plus rare.
 
En feuilletant le catalogue de Bavaria, Arnaud Labrousse, expert de l’exploitation des bois tropicaux, a relevé plusieurs mentions :
 
« Iroko
Plateforme de bain avec Iroko
Bancs et fond de cockpit Iroko »
 
« Acajou
Intérieur acajou bois massif et plaqué fine line
Plateforme de bain en teck
Table cockpit en Iroko »
 
Les 26 modèles neufs proposés à la vente sur le site de Yachting Selection comportent des essences de bois précieux en version standard. Sur 10 modèles, il est question d’un « intérieur acajou bois massif et plaqué ». Teck, iroko, acajou et wenge… autant d’espèces de bois exotiques qui font l’objet d’une attention soutenue de la part des ONG environnementales.
 
« Espèces en danger » ou « quasi menacées »
 
Très à la mode depuis quelques années, ces bois exotiques sont couramment utilisés dans la charpenterie de marine. A la fois par souci esthétique, mais surtout parce qu’ils sont très résistants et imputrescibles comme le teck.
 
Problème : certains de ces bois utilisés par Bavaria sont aujourd’hui classés parmi les espèces en danger. C’est le cas de milletia laurentii, le wengue exploité au Cameroun et en République démocratique du Congo. La Prota, une fondation qui répertorie les ressources végétales de l’Afrique tropicale, indique :
 
« Millettia laurentii est inclus comme espèce en danger dans la liste rouge de l’UICN, en raison de la dégradation de son milieu et de sa surexploitation. Au Cameroun, un permis spécial est exigé pour l’exploitation de millettia laurentii. »
 
L’évaluation de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature est l’une des plus anciennes (1963) et des plus sérieuses qui soit.
 
Dans une longue lettre adressée à Alain Joyandet, Arnaud Labrousse cite l’exemple de l’iroko :
 
« L’iroko (milicia excelsa) est une des essences phares des sociétés forestières multinationales actives en Afrique. Il s’agit d’une essence “ quasi menacée ” selon l’Union mondiale pour la nature. »
 
Labrousse n’a reçu aucune réponse du cabinet du secrétaire d’Etat à la Coopération. Aux questions de Rue89, Alain Joyandet s’est contenté d’un :
 
« Je n’ai rien à me reprocher et je n’ai aucun doute sur le fait que Bavaria respecte les directives européennes en matière de quotas. Appelez-les. »
 
Bavaria n’a pas répondu à notre demande d’explication sur la politique de gestion de ces bois précieux. A priori, rien d’illégal, mais la traçabilité de ce type d’essence reste encore assez floue.
 
Joyandet favorable à une exploitation dans des « conditions durables »
 
Tout cela pourrait rester une querelle d’experts si le gouvernement n’avait pas fait de sa politique africaine un modèle de « rupture ». En s’arrêtant au Gabon, avant son étape rwandaise, Nicolas Sarkozy avait bien l’intention d’aborder le sujet.
 
Officiellement, il est toujours question de protéger la filière et ses essences rares. En réalité, le bras de fer qui oppose Libreville aux forestiers est cette interdiction d’exportation des grumes en 2010, annoncée en novembre dernier par les Gabonais. Ali Bongo a ainsi voulu taper du poing sur la table, obligeant les forestiers à transformer l’essentiel de leur production sur place. Impossible, répondent ces derniers, arguant du manque de main-d’œuvre qualifiée.
 
Dans ce dossier, Alain Joyandet est à la manœuvre, à coups de discours volontariste lorsqu’il parle aux agents de l’Agence française de développement :
 
« Exploiter la forêt dans des conditions durables comme dans le cadre de l’initiative du bassin du Congo, c’est se donner le moyen d’accéder aux marchés les plus exigeants et les plus rémunérateurs. »
 
Ajoutant même :
 
« Je suis convaincu que les entreprises françaises sont bien placées dans la concurrence mondiale au regard de tous les critères qui précèdent. »
 
Est-ce le représentant de la République ou l’homme d’affaires qui s’exprimait dans ce colloque intitulé « Entreprendre pour le développement
» ?
 
On le voit, il n’y a pas que Woerth qui avait un conflit d’intérêt. Joyandet avait été placé dans un ministère qui avait tout d’une relation incestueuse avec son entreprise, doublement : le bois précieux et l’Afrique. A cela s’ajoute qu’un membre du gouvernement a pour société une entreprise qui favorise la concurrence et, dans ce métier difficile des bateaux où la France possède quelques chantiers navals, il participe à leur destruction en favorisant la concurrence allemande. Et il va nous parler d’honneur ce petit gars-là ?!
 
Le cas blanc ne vaut pas tripette. C’est un arrogant de plus, un membre de cette élite particulière qui croit que tout leur est dû, le petit avantage comme le gros, de ceux qui sont des grotesques obèses des avantages odieux, qui plus ils en ont plus ils veulent du gratuit, gratuit volé qui leur démontre qu’ils font partie de la caste de ceux à qui on ne peut rien refuser, de ceux qui veulent et qui prennent dont le premier d’entre eux avec un Air Sarko One à 176 millions d’euros dont 40 millions de fadaises, de cafetière et de lit à baldaquin, de ces hommes qui n’ont plus aucune limites et qui n’ont aucune décence, qui vivent dans une planète au-dessus du monde de la plèbe, et sans doute de ses odeurs de fritures , de cette planète qui déclenche un jour ou l’autre des révolutions dans ce monde-ci, ce monde qui bossent dur pour si peu afin qu’ils puissent, ces puissants sans gêne, fumer des cigares à bord de jet privé.
 
Ces deux petits médiocres de la moralité, de l’éthique, de la probité, ne sont que des petits poissons pilotes. Joyandet avec son jet et son permis de construire n’est qu’un enfant de chœur à côté du Karachi Gate, du Woerth gate dont on découvre que ce n’est encore et toujours pas fini avec l’affaire Wildenstein (rue89), une nouvelle sombre histoire de succession et de fraude fiscale, une affaire à milliard ou du moins à centaines de millions d’euros, où l’on retrouve des légions d’honneur, des paradis fiscaux, l’UMP (co-fondateur) et … et Woerth !
 
Ce pays est devenu le pays des conflits d’intérêt de l’arrogance. Woerth, Joyandet et aussi Copé dans l’affaire aussi explosive de Suez et GDF où il se peut qu’il y ait un trafic majeur d’influence et peut-être un pacte de corruption. Dans cette affaire, Jean-Marie Kuhn, spolié par le groupe Desmarais-Frères (Canadien et Belge, Fouquet’s boys, tout deux décorés de la légion d’honneur, tous deux parmi les plus grandes fortunes de leur pays respectif) a déposé plainte et en France, plainte rejeté en 4 jours par la justice du pouvoir mais déclarée recevable en Belgique, plainte où apparaît étrangement Clearsteran, tout comme dans le Karachi gate, avec toujours des noms connus Houard, Sarkozy, MAM, avec en plus Lagarde et Copé. Dans cette affaire tout aussi explosive on apprend que la CDC a racheté au groupe Frère QUICK pour 4 fois sa valeur avec trafic des bilans (850 millions au lieu de 200 millions) tout comme le rachat d’EIFFAGE plutôt au groupe Frère qu’auprès du public, toujours par la CDC. Ces deux achats ont coûté la bagatelle de 1,25 milliards d’euros à la CDC et on a offert la trésorerie nécessaire à ce groupe pour racheter GDF.

 

La France a donc payé à la place du groupe Desmarais-Frère pour GDF qui se goinfre en augmentant par deux fois cette année ses tarifs. On apprend que Christine Lagarde a nommé comme cabinet d’avocats pour la fusion de Suez et GDF le cabinet Gide, cabinet qui est celui de Frère et qui a pour collaborateur un certain Copé. Cela se passe en septembre 2007 (Récemment présenté à ses associés, Jean-François Copé y travaillera à temps partiel, le vendredi et le samedi, et devrait mettre son important carnet d’adresses au service de certains dossiers clés de ce cabinet international, qui est notamment le conseil... de l’Etat dans le projet de fusion entre GDF et Suez. (Capital)). Copé devient avocat associé de ce cabinet choisi par l’Etat pour le conseiller dans cette fusion. Copé était à l’époque du rachat de Quick ministre de tutelle de la CDC ! Cela ne vous dit rien ? Cela ne vous rappelle pas un certain Woerth ? On a peur de mieux comprendre pourquoi Copé touche 200.000 euros annuels de salaire dans ce cabinet d’avocats, lui qui déclare, tout comme Joyandet, se consacrer au service de la Nation avec une impudence rare.


Commet peut-on être à la fois député, maire de Meaux, président de groupe parlementaire et avoir assez de temps pour s’occuper de ses électeurs, des lois et du cabinet d’avocats ? Comment peut-on, en y travaillant si peu pour se cabinet, car on voit très souvent Copé devant les caméras et les micros et avec les députés, avec l’UMP, sans doute un peu dans sa mairie et sa circonscription, peut-être un peu avec sa famille, et gagner 200.000 euros de rémunération par an ? Poser la question est peut-être y répondre.
 
Pour terminer et revenir à ces deux démissions, il faut parler de Sarkozy. En effet il a annoncé fièrement avec force geste que c’était lui le maître du temps, l’association diabolique des deux Chronos et Cronos, celui qui fait tourner la roue des heures et celui qui dévore ses enfants. Il annonce devant les élus UMP, reçus à nouveau à l’Elysée au mépris de la démocratie du respect de la République, de son courrier de recadrage des dépenses puisque c’est à nos frais qu’il les reçoit et puisqu’il use à des fins politiques et partisanes les locaux qui ne sont que mis à sa disposition par le peuple français mais pour le bien de ce peuple et non celui de l’Union des Menteurs Patentés, que c’est lui, lui qui réussit tout quand tous les autres ratent tout, qui décidera quand bon lui semblera, et ce bon lui semblera sera en octobre, quand jeter dehors du pouvoir les indélicats. Sont supposés faire partie de la charrette révolutionnaire : Joyandet, Blanc, Amara et Yade. Pour une fois la parité aurait été respectée. Et Woerth ? Et Bachelot avec son immense gaspillage d’au bas mot un milliard d’euros ?
 
On pouvait légitimement se poser la question quand il s’agit de développer la comparution immédiate pourquoi il faudrait attendre octobre et ne pas frapper tout de suite d’indignité et de perte de maroquin ces indélicats. La réponse tient sans doute au caractère détestable de Nicolas Sarkozy : le plaisir immense qu’il a d’humilier en public les personnes. Depuis toujours il croit que d’enfoncer la tête des autres sous l’eau c’est se rehausser. Il ne comprendra jamais que l’insulte et le dénigrement des autres ne fait que l’enfoncer dans la boue du méprisable plutôt que de le faire briller au firmament et au haut de l’Olympe. Il réagit non en sage mais en coupeur de têtes. Il réduit les autres pour s’élever mais en fait il se trompe de perspective. On ne peut être être admiré que si on dépasse les têtes quand celles-ci sont le plus haut possible et non quand on les a raccourcies.

 

Les exemples sont innombrables : ses moqueries indigentes et publiques contre Joffrin par exemple ou à Bruxelles, ou en Espagne contre le journaliste du Monde, ses colères où il insulte et dénigre tout ce qui bouge, ses attaques contre les militaires incompétents et incapables pour la fusillade tragique de Montpellier, ou ce pauvre flic à Toulouse, je crois, devant les caméras qui a mis beaucoup de temps à s’en remettre se moquant de lui car il n’était pas là pour faire du social, Obama qu’il a moqué en disant de lui qu’il était sans expérience, Zapatero l’imbécile tout comme Martinon, les Tchèques, les Anglais et leur incapacité à réagir à la crise, l’Allemagne et son passé, traitant ses ressortissants d’assassins le premier jour de son entrée en fonction, les accusant en pleine campagne électorale d’être les inventeurs de la solution finale, propos déplacés, incongrus et honteux dans un débat franco-français et en pleine construction difficile de l’Europe et dans un monde où la violence a déjà assez de nids où elle prospère sans en ajouter, ses propos auto-satisfaits en même temps que ses dénigrements violents à l’encontre des ses opposants, ses ministres, les journalistes…
 
Alors Sarkozy, dans un jeu pervers et malsain, contre toute logique d’une sanction qui doit suivre immédiatement la faute, jette en pâture au public, non directement par une conférence de presse, mais devant un public choisi espérant peut-être des fuites opportunes, des noms non dévoilés mais seulement suggérés, minant ainsi l’autorité de ces ministres sans les sanctionner immédiatement. Cela est un jeu immonde bien sûr. Et ce n’est pas ces ministres arrogants que l’on va plaindre, mais c’est l’image que cela donne, un peu plus délabrée, de notre pays, mais ce n’est pas que l’image c’est le fait lui-même. Un pouvoir minable et méprisant, qui ne fonctionne que de coups bas et de collusion. Un pouvoir qui se complait dans sa fosse à purin et s’en parfume. Mais voilà, le Président qui aime les fables, voilà pour lui la morale de l’une d’entre elle : tel est pris qui croyait prendre. Nicolas Sarkozy, tel une sorte de Dieu qui détiendrait entre ses mains la vie et la mort de se sujets ministériels, vient de recevoir dans les dents ces deux démissions.


Car en fait c’est bien de cela qu’il s’agit. Ces deux loustics, qui se savaient sur un siège éjectable ont préféré démissionner. Ce qui somme toute est logique. Tant qu’à aller à l’échafaud, qui est le seul chemin qui leur est offert, ils ont préféré choisir la date de leur disparition, et un suicide à un peloton d’exécution. De ce fait non seulement ils privent Nicolas Sarkozy du plaisir sadique de les faire bouillir dans la marmite pendant plus de trois mois, mais ils le ridiculisent. Sarkozy n’a pas maîtrisé du tout leur sort. Celui-ci lui a échappé. C’est un sacré camouflet. Des impudents, arrogants, ont mis une petite claque à l’un des leurs qui croyait les broyer dans sa petite main rageuse qui ne se refermera en octobre que sur du vide. C’est le coup de pied de l’âne. Cela prouve que Sarkozy maîtrise de moins en moins ce qui l’entoure. Il a voulu jouer et il a perdu. Les allumettes ce n’est pas pour les enfants capricieux qui se surestiment. Ils mettent le feu à la maison et se brûlent les doigts.
 
Mais voilà, le château veut nous faire croire le contraire. Ce château qui annonce avant tout le monde par exemple que Solly sera à TF1 avant que TF1 ne l’annonce ou peut-être le sache, avant les ministres eux-mêmes ce qui va se passer, quelles lois vont être votées - toutes les bonnes nouvelles et jamais les mauvaises bien sûr car alors c’est Fillon ou Lagarde qui s’y collent, courage fuyons - cela n’a pas été l’Elysée mais les ministres eux-mêmes qui ont annoncé leur démission. Ce point est important. Du reste dans l’article de Marianne voici ce qui est écrit : Dimanche soir, les premiers échos en provenance de l’Elysée semblaient indiquer que le geste des deux secrétaires d’Etat étaient bien « spontané ». Ensuite l’Elysée a déclaré que c’était après mûre(s) réflexion(s) que c’était à la demande de l’Elysée et de Matignon que ces deux ministres avaient démissionné ("Après mûre réflexion, ils ont demandé à MM. Joyandet et Blanc, après avoir échangé avec eux, de démissionner", a-t-il ajouté, en précisant que cette demande avait été formulée "dimanche". Le Figaro). En fait c’est du genre : feignons que ce qui nous échappe a été organisé par nous. En fait même Le Figaro doute car dans un autre article il met le conditionnel : Selon le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, Nicolas Sarkozy et François Fillon auraient directement prié leurs secrétaires d’Etat de démissionner.
 
Le pouvoir va plus loin car il espère, selon Le Figaro, que cela va calmer les velléités du bas peuple de démissionner Eric Woerth, mais cela enclenche plus une crise gouvernementale qu’une accalmie. En fait on va se poser la question des autres ministres : Bachelot et son fils, Bachelot et les vaccins, Estrosi et son jet, l’inutilité du poste de Devedjian, Amara, Yade et bien sûr Woerth. Au total ce n’est pas moins de 8 ministres concernés. C’est énorme. Jamais je crois dans aucun gouvernement il n’y a eu autant d’affaires susceptibles de démission.
 
C’est un nouvel ébranlement de cette maison pourrie qui est à la tête de la France.
 
N’oublions pas les autres affaires :

    * Karachi
    * GDF
    * Clearstream
    * Woerth
 
Comme l’on dit à la CGT : la lutte continue ! ou bien dit autrement : Carthago delenda est*. Je vous propse : Sarkozya delenda est !
 
* Caton l’Ancien, concluait, selon la légende ou la tradition, et peu importait le sujet par cette formule chacun de ses discours au sénat à Rome.

Source AgoraVox


Publié dans France

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