Chapeau l’artiste ! Bravo, M’sieur Sarkozy !

Publié le par Aleth


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Ah oui, bien sûr, la taxe carbone, la fameuse, zigouillée par le Conseil constitutionnel, le Debré, allez hop ! Prends-toi ça dans les dents, et si en plus, ça pouvait te les gâcher, tes vacances, les marocaines, et ta fin d’année par dessus le marché, celui qui reprend poil, ce serait toujours ça de gagné !

Ah, comme ça y va, n’est-ce pas, de sa petite satisfaction, comme ça fait le coq, le fiérot, comme ça s’attribue, sans vergogne aucune, la victoire. Mais quelle victoire ?

Des victoires comme ça, au rabiot, par défaut, c’est pas la gloire, mais faut croire que c’est tout ce qui leur reste à becqueter, bien peu à se contenter. C’est foutue misère, moi j’dis ! Vaudrait mieux, pas trop la ramener. Profil bas. Parce que, au fond, et tout bien pesé, taxe carbone ou pas, le petit Roi, le Sarko, il est là, toujours, bel et bien, et c’est pas demain qu’il va la lâcher, l’affaire.

Oui, au fond, et tout bien pesé, il faut, de bonne ou mauvaise grâce, et alors, quelle importance ! Lui reconnaître du talent, à cet homme-là ! Du génie même ! Faut-il en avoir pour réduire à rien, et en deux temps, trois mouvements, toute forme d’opposition. Au néant, l’opposition ! Bernique, l’opposition ! Laminée, comme jamais. Du grand art ! Un chef-d’œuvre véritable ! Il a quadrillé le secteur, le bonhomme ! Tout bouclé ! Et c’est grand modèle. Les Aubry, les Buffet, les Besancenot, c’est bien simple, peuvent plus respirer, cuisinés qu’ils sont, à l’étouffé, travaillés jusqu’à la moelle, valdingués, brinquebalés, à ce point qu’ils nous paraissent fadasses, dépassés, à côté, définitivement largués. Pourtant, c’est pas la place qui manquait. Ah ça ! Y’avait même comme un boulevard, énorme, une crise, une vraie, une majuscule, celle qui t’envoie le populo pointer en masse chez chomdu, une crise de compétition, du genre “sans précédent” comme ânonnent les perroquets accrédités, hommes-tronc du jité et autres gougnafiers, télégraphistes de l’AFP et tout ce sacro-saint merdier !

Une crise providence qui jadis t’aurait fait tanguer le premier gouvernement venu, dès la première mesure à la noix, l’impopulaire, la discriminante, dès le premier bouclier fiscal voté, et ton dimanche sacrifié, mais non ! Des incapables, voilà ce qu’ils sont ! Infoutus de prendre la balle au bond. Même le Mélenchon ! Il pérore, et alors ? Et l’autre, qu’a maquillé sa LCR en NPA, comme si d’un coup, l’avait honte d’être révolutionnaire, honte du communisme, où qu’il est ? Avec son porte-voix ? Balayé, voilà ce qu’il est ! A la baille, comme les autres ! Comme ces pitoyables socialistes, ce parti de bourgeois, oui, de bourgeois, et jusqu’à la gueule, vendu au libéralisme ! ... Quoi encore ? Bayrou ? Laissez-moi donc en rire ! Et copieux !

Quant aux Verts, est-il vraiment utile d’en dire quoi que ce soit ? Et j’te parle même pas des syndicats ! Ah les saligauds ! Comme ils ont retourné, et fissa, leur veste, comme ils lui font des ronds de jambes, à sa majesté, faut dire qu’à 8% de syndiqués, tu fais moins le mariole avec un type pareil. Z’ont beau dire et beau faire, se gausser, pourtant, c’est que vérité : aujourd’hui, mon poteau, quand y’a grève, plus personne s’en aperçoit. Normal ! C’est que de la petite grève, de la timide, à la petite semaine, chacun dans son petit coin, à l’égoïsme ; qu’est-ce que tu veux faire avec ça ? Après, viens pas chialer que ça se suicide ici ou . Si ça se suicide, c’est que quelque part, mon syndicat, t’as failli. Le boulot, tu l’as pas fait. Et puis c’est tout ! T’es out. Aucune excuse. Rien. C’est minable. Et ne viens pas, non plus, me dire, que les gars, ils veulent pas, que c’est pas une sinécure que de les rameuter, les faire bouger. A d’autres !

La grève, camarade, j’ai donné. Vrai, c’est pas de la tarte. Faut œuvrer. Et pas qu’un peu. Sinon, ça se barre. Ca se délite, en moins de deux. Ceusses qui ne l’ont jamais connue, la grève, ils bavent n’importe quoi, des teigneux, des mauvais coucheurs, toujours à râler, mais vois-tu, c’est eux, aujourd’hui, les vainqueurs. Eux qu’ont jamais rien fait de leur vie, ou pas grand chose, serviles, couchés, à dire toujours oui, merci monsieur, mais bien sûr monsieur, je vous en prie monsieur, et ça te palpe l’oseille, la mensuelle, sans moufter en reluquant à l’envi les acquis sociaux du voisin.

Oui, même si ça fait mal, et jusqu’aux chicots, l’année s’achevant, faut le dire, pas faire son bégueule, sa mijaurée, mais l’homme, celui qu’on dit du Château, l’a bien du talent. Et tu peux l’accuser de tous les maux, de pétainisme rampant même, il n’en a cure. C’est lui le boss. Lui et lui seul. Les autres, les Bertrand, Copé, Lefebvre, c’est de la roupie de sansonnet. Du menu fretin. Ca amuse la galerie, et puis c’est tout. Et le reste du reste, c’est ahurissant de bêtise ou de vulgarité. De mesquinerie ou de bassesses. C’est de la Morano. De l’Estrosi. Du gratiné comme jamais. L’inculture au sommet. Quant au Besson, c’est le pompon ! Là, j’avoue, cet homme-là, qu’on le prenne de l’amont ou de l’aval, c’est kif-kif ! C’est du félon cousu main. Du traître de catégorie une. Il faudra bien, un jour, au temps des comptes, se souvenir que le zigue, il a quitté un navire en pleine guerre, il a déserté son camp pour lui cracher dessus le semaine suivante. Y’a rien à faire, tu peux torcher l’affaire dans le sens que tu veux, c’est inqualifiable. Ca inspire le dégoût. Pas un centigramme d’honneur. Pas un sou de dignité. Rien ! Et ça viendrait couiner, de surcroît, et en justice
s'il vous plait, parce qu'on lui trouverait de la détestation ? Jusqu'au bout de l'âme, il est rongé, le malfrin !

Des branquignols, te dis-je, et à desseins ! C’est que le bonhomme, le Sarko, il a assez morflé pour savoir comment s’entourer ! Surtout pas de cadors, ça pourrait lui causer tort. Que de l’incompétence. De la Bachelot ou de la Fadela Amara. Ou du transparent comme le Morin ou le Darcos. Du tape-à-l’œil, du m’as-tu-vu comme le Kouchner. Du bon chien-chien comme le Hirsch. Du risible comme le Woerth, la Pécresse ou le Wauquiez. De la fausse rebelle, comme la Rama Yade. Tout à l’avenant ! Exception faite, de Lagarde, quoiqu’on en dise. Et, bien sûr, toujours, un homme de main, un homme sûr, un œil de Moscou pour surveiller tout ce petit, petit monde : Brice Hortefeux.

Et voilà, le tour est joué ! Tout est ficelé ! Verrouillé ! Et pas qu’un peu !

Fillon ? … Comment ? … J’aurais oublié Fillon ? … Etes-vous sûr ? … Ne serait-ce pas plutôt Fillon, lui-même, qui s’est oublié ?

Ah, la belle équipe que vl’à ! Ah, les baltringues magnifiques ! Juste bon à se trémousser, ridicules pantins, et jusqu’au pathétique, dans un clip terrifiant de conneries.

Oui, il faut le dire : bravo l’artiste ! Bravo m’sieur Sarkozy ! N’en déplaise au peuple numérique de la Sarkofrance !

Ah Sarkofrance ! Mais quelle ténacité ! Vrai, ça force le respect. Tous les jours, et pas un manquant, trouver des poux au Sarko, c’est de l’ordre de la performance. Ca mérite décoration. Et compassion. Parce que le luron, il est bon pour huit années supplémentaires. C’est plus une mission, c’est du Fleury, du Fresnes, c’est de la prison ferme. Qu’il s’impose à lui-même.

Sarko, c’est pas ma tasse de thé, ses idées, sa vision de la France, son identité nationale, ses devoirs qu’il accole aux droits, ceux dont l’homme hérite de fait, ainsi qu’il est inscrit dans notre Constitution, sa France d’Après qui sent la vidéosurveillance et les clochers, ça me fait pas bander. Mais de là à lui tomber sur la paletot chaque jour laïc que Dieu fait, non ! J’en suis marri, la Sarkofrance, vraiment, mais ce n’est pas de la sorte qu’il faut (le) combattre. C’est perdu d’avance ! C’est nourrir la défaite !

Combattre un homme c’est aussi savoir reconnaître ses qualités. Sans cela, point de salut !

Alors oui, bravo monsieur ! Bravo pour ce grand numéro ! Qui débute en 2004. Lorsque vous prîtes le parti de votre meilleur ennemi. Celui destiné au Juppé. C’est là que tout commence. A toute berzingue. C’est à partir de là, que vous mettez l’affaire en branle. Avec un objectif : tous les niquer ! A droite, comme à gauche. Il n’y aura que vous. Vous, et vous seul ! Les autres, à la soupe, à la ramasse ou à la dérive ! Tous retournés. Comme des flans. Après, c’est que du velours. Et vas-y que je te fais tout passer ! Lois comme décrets. Couvre-feu. Fichiers. Peines planchers. Et vas-y que je jacte comme le peuple, avec les mêmes mots, les mêmes arrière-pensées ! Même les moins ragoûtantes. Et vas-y que je te chante de beaux couplets, contes et fééries pour nigauds, comme la moralisation du capitalisme. La disparition des paradis fiscaux. Et nous sortirons de la crise plus forts que nous y sommes entrés. Que des fadaises ! De l’attrape-bourrique. Mais joliment envoyées. Rudement assénées.

Quant à la crise économique ? Contournée … Quoi ? Par le H1N1 ? Non ! Par une autre crise ! Une crise identitaire. Nous, français, nous souffririons d’une crise d’identité ! Nationale ! Nous ne le savions pas, mais puisque vous le dites, ma foi, c’est que ce doit être vrai ! La preuve, ça marche ! Et du tonnerre ! Oh, c’est pas d’un grand niveau, mais ça vous est égal. Ce qui importe, c’est gagner du temps ! Dans l’art du jouer la montre, vous êtes champion ! Après tout, de la crise économique, nous finirons bien par sortir, mécaniquement s’entend ! Alors, en attendant, masquons les souffrances, la précarité insupportable, le désarroi avec une crise identitaire ! Ah, comme c’est finement joué ! C’est de la belle ouvrage ! Vous touchez juste ! Le point sensible, comme toujours ! Vous appuyez là où ça fait mal. Et si y’a dommage collatéral, ici le musulman, vous jouez les pompiers. Mais pour combien de temps ?

Car à vrai dire, c’est mal embarqué votre bastringue. Vous pouvez bien pleurnicher que certaines comparaisons vous font peine, il n’en reste pas moins que ça vire à la curée. Quand on désigne au peuple ce qui serait le “bon musulman” (quand ce n’est pas le “bon arabe”), comment voulez-vous qu’on n’en soit pas effrayé ? C’est que, oui, comment le nier, ça refoule du bec, ça rappelle une certaine France, voyez-vous ! La vichyste ! A ce train-là, monsieur, et il est d’enfer, il est de carnage, à quand, au Grand Palais, une exposition du “bon musulman”, dessins à l’appui ?

A trop faire diversion, à trop jouer la montre, elle risque fort de vous péter à la gueule. Et salement.

Nonobstant, ce point plus que fâcheux, infiniment périlleux pour notre nation, et dont vous porterez l’entière responsabilité, vous avez réussi l’impensable : 
Désosser l’opposition et pour longtemps !
Assujettir votre cour jusqu’au ridicule !

Mais aussi, affadir tout un peuple ! Le congeler, le liquéfier, le ratatiner par la peur. Celle de l’autre. Vous avez poussé le curseur, celui de la peur, comme jamais, avant vous, quiconque n’avait osé le faire. Vous avez compris qu’il est là, le moteur. C’est idiot, non, le peuple ? Et dire que c’est à lui, ce trouillard, enfant pourtant de la Révolution et des Lumières, qu’on a refilé le suffrage universel ! De la confiture à des cochons ! Pourquoi n’en profiteriez-vous pas, après tout ? .. Même si c’est la France qui doit en pâtir.

Ce n’est pas en Terminale S, n’est-ce pas, qu’on l’étudiera cette histoire. Celle qui vit tout un pays accepter de voir unes à unes, ses libertés, celles que l’on qualifie d’individuelles, tomber. Sous la Loi. Votre joug. Celle qui vit tout un peuple renoncer, sans mots dire, au plus sacré, au nom d’une illusion, sa sécurité. C’est ça, l’Histoire que vous êtes en train de nous tricoter. Et c’est parce que ça me paraissait impossible, parce que jamais je n’aurais cru que ce peuple puisse renoncer à son bien le plus précieux, et aussi vite, sans même manifester (ou alors sur Facebook, par le biais de groupes, c’est vous dire si nous sommes tombés bien bas) que je vous dis : Bravo !

Je vous le dis avec cynisme, tristesse et désolation.

Un jour, il y a bientôt deux ans, je bourlinguais sur le Net et tombais sur un blog. Un de ceux qui savent se tenir. Un de ceux que jamais la peur ne bouffera. Une merveille. Un auteur. Bénédicte Desforges.
Sur ce blog, tout en haut, il était (et il est toujours) inscrit ceci :

Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une, ni l’autre” [Thomas Jefferson]

C’est fait.

Source Agoravox


Publié dans France

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