Affaire Woerth : la République de l’impunité

Publié le par Aleth

 

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Dans une tribune publiée le 29 juin dernier dans le journal Libération, Arnaud Montebourg a fustigé la République indécente, que viennent de mettre au jour les affaires à répétition dans lesquelles sont impliqués divers membres de l’exécutif, qui semblent confondre volontiers recherche de l’intérêt personnel et défense de l’intérêt général.

Cette République malade est également celle d’une impunité savamment aménagée au bénéfice de nos gouvernants.

L’affaire Bettencourt met aujourd’hui en lumière les immunités et les privilèges de juridiction, dont la Constitution française gratifie les membres de l’exécutif, qu’ils s’agissent des ministres ou du Président de la République lui-même, et dont il est impératif aujourd’hui de se défaire.

La responsabilité des membres du Gouvernement, pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions, relève de la seule compétence de la Cour de justice de la République, depuis une loi organique votée à l’occasion de l’affaire du sang contaminé.

Il sera rappelé que la constitution de partie civile n’y est pas autorisée, même s’il est prévu que toute personne se prétendant lésée puisse saisir d’une plainte dirigée contre un membre du gouvernement la commission des requêtes instituée auprès de cette Cour, qui peut, dans certains cas, ordonner des investigations complémentaires.

Toutefois, le statut qui actuellement porte le plus atteinte à l’équilibre de nos institutions est incontestablement celui du Chef de l’Etat.

Les problèmes juridiques posés par ce statut ne sont pas nouveaux : les atteintes portées au principe de l’égalité des armes ainsi qu’à l’exigence d’un tribunal indépendant et impartial sont apparues au grand jour à l’occasion du procès dit des comptes bancaires de Monsieur Sarkozy, et du procès Clearstream. Toutefois, les révélations publiées par le journal MEDIAPART sur l’affaire Bettencourt mettent plus cruellement en lumière le système d’impunité tant juridique que politique total, mis en place au bénéfice du Chef de l’Etat, avec la bénédiction et la complicité des parlementaires appartenant à la majorité présidentielle.

Il sera rappelé que, depuis une réforme constitutionnelle intervenue en 2007, le Président de la République jouit en effet, en raison de ses fonctions, d’une immunité judiciaire interdisant l’exercice contre lui de toute action judiciaire (civile, pénale, prud’homale) pendant la durée de son mandat.

On sait également que cette immunité permet au Chef de l’Etat de poursuivre judiciairement à tout-va, sans avoir jamais à craindre une réplique quelconque de ses adversaires judiciaires, son statut ne le permettant pas. Monsieur Nicolas Sarkozy, qui revendique sur ce terrain la qualité de citoyen ordinaire, a rompu ostensiblement avec la politique de ses prédécesseurs, en descendant chaque fois qu’il est possible dans les prétoires, notamment par le biais d’une constitution de partie civile.

Les avocats chargés de la défense des justiciables adversaires de Monsieur Sarkozy, avaient eu l’occasion d’invoquer la rupture du juste équilibre qui doit exister entre les parties, garanti par la Convention européenne des droits de l’homme.

Le Président dispose en effet, par ses fonctions, d’une totale impunité dans l’exercice de son action civile devant les juridictions d’instruction et de jugement. Contrairement aux autres parties civiles, qui sont tenues à certaines obligations dans la mise en œuvre de leur action, il ne peut faire l’objet ni d’une amende civile, prononcée par le juge en cas de constitution abusive, ni d’une action en dommages-intérêts exercée par les personnes mises en cause, immédiatement après la reconnaissance de leur innocence (la Constitution prévoyant seulement la possibilité de les poursuivre un mois après l’expiration de son mandat dont le terme reste incertain).

Il bénéficie de tous les droits accordés aux parties civiles, notamment de solliciter des actes des magistrats instructeurs, sans être en revanche tenu à un quelconque devoir dans l’exercice de votre action civile ni même à devoir verser de consignation.

Ces arguments n’ont pas été à ce jour retenus par les juridictions répressives, saisies de ces difficultés mettant en cause le fragile équilibre de nos institutions démocratiques. La Cour d’appel de Versailles, dans un arrêt en date du 8 janvier dernier, a estimé que l’intervention de Monsieur Sarkozy dans le procès pénal ne portait pas atteinte aux principes fondamentaux du procès équitable, suivi dans cette lecture des dispositions constitutionnelles par le Tribunal correctionnel de Paris, statuant sur les mêmes exceptions dans le dossier Clearstream.

Monsieur Sarkozy ne peut donc faire l’objet de poursuites judiciaires, pas plus que de mesures d’enquête ni d’instruction, alors qu’il dispose de la possibilité de poursuivre qui bon lui chante et d’intervenir sans retenue et sans crainte dans les procédures qui le concernent.

Mais le scandale démocratique que constitue son statut n’est pas là : il réside dans l’impossibilité actuelle de toute mise en cause de sa responsabilité politique.

Dans l’esprit du législateur de 2007, suivant en cela les préconisations de la commission Avril, la consécration d’une immunité judiciaire totale pendant la durée du mandat, prévue par l’article 67 de la Constitution, avait pour corollaire la possibilité pour les parlementaires de mettre en cause la responsabilité politique du Chef de l’Etat, par la voie de la destitution, aujourd’hui effectivement prévue par l’article 68, mais en théorie seulement.

En effet, la mise en œuvre pratique de la procédure de destitution devait être prévue et aménagée par une loi organique, qui plus de trois ans après l’adoption du nouveau statut, n’a toujours pas été votée ni même sérieusement discutée : bien au contraire, son examen a été soigneusement repoussé sine die sous des prétextes plus ou moins fallacieux par la majorité présidentielle (la dernière en date étant une proposition renvoyée en janvier 2010 opportunément devant la commission des lois du Sénat).

La réforme constitutionnelle de 2007 et la proscrastination des parlements, tenus par la majorité présidentielle, font qu’il est aujourd’hui totalement impossible d’engager la responsabilité politique du Chef de l’Etat devant les assemblées, la procédure de destitution étant à l’heure actuelle inapplicable et partant lettre morte, pas plus qu’il n’est possible de demander à un juge indépendant d’enquêter sur des faits commis par le Président de la République au cours de son mandat.

Cette impunité absolue du monarque républicain que nous avons placé au sommet de nos institutions est une insulte à notre histoire et à nos principes fondamentaux.

Les récentes révélations du journal MEDIAPART dans l’affaire Bettencourt apportent la démonstration que cette impunité nuit gravement à l’équilibre de nos institutions.

Selon les enregistrements portés à la connaissance du public, Madame Liliane Bettencourt aurait versé une somme d’argent au bénéfice de Monsieur Nicolas Sarkozy, dans le courant du mois d’avril 2010. Toujours selon les auteurs de l’article, le gestionnaire de la fortune de Madame Bettencourt aurait également fait état d’une intervention directe de l’Elysée auprès de Monsieur Courroye, dans l’affaire privée opposant l’héritière de l’Oréal à sa propre fille.

On apprend aujourd’hui que des espèces auraient également remises par Madame Bettencourt à Monsieur Sarkozy, pour le financement de la dernière campagne présidentielle.

Ces faits, qui se révèleraient être d’une gravité exceptionnelle, s’ils étaient confirmés par une enquête ou une instruction, sont bien de nature à justifier, dans une société démocratique normale, la mise en cause de la responsabilité du premier personnage de l’Etat, sur le plan judiciaire ; à tout le moins sur le plan politique.

On admirera à ce sujet le silence gêné de la presse française, qui a concentré depuis deux semaines son attention sur les soupçons pesant sur l’actuel ministre du travail, en laissant toutefois de côté la question de l’implication éventuelle de l’Elysée dans ce qu’il convient d’appeler le scandale Bettencourt.

La question est donc posée aujourd’hui du caractère démocratique des institutions de la République française, et de la pérennité de la Vème République, à l’occasion de cette affaire, qui met en cause rien moins que le Président de la République, plusieurs membres du Gouvernement, et le parti de la majorité présidentielle.

Dans l’attente de l’adoption éventuelle d’une nouvelle Constitution, permettant enfin à la France d’être à la hauteur de son histoire et de ses valeurs, il convient dès maintenant de tirer les premières leçons de cette affaire d’Etat, en réaffirmant la nécessité d’inviter le pouvoir législatif à se saisir sans délai de l’adoption d’une loi organique permettant la mise en œuvre de la procédure de destitution, et à l’autorité judiciaire d’autoriser, dans cette attente, des mesures d’enquête et d’investigation sur les faits révélés par le journal MEDIAPART, en passant outre l’immunité posée par l’article 67 de la Constitution.

Edmond-Claude FRETY et Philippe GONZALEZ de GASPARD, avocats au barreau de Paris, et membres fondateurs du Collectif article 67


Source AgoraVox

 


 

 


 

WOERTH OUBLIE UN BÊTE « EN COURS »

 

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En ces temps de canicule il est assez rafraîchissant de voir l’arroseur d’hier se faire copieusement arroser aujourd’hui !

Souvenez-vous de l’annonce du vol de données bancaires chez HSBC et la mine réjouie du ministre français. Il se réjouissait, tel Vespasien, de voir affluer des milliards grâce aux données volées. Selon l’adage attribué à l’illustre empereur, l’argent n’a pas d’odeur, Woerth ne s’est pas montré très regardant sur l’origine délictueuse des dites données pensant, comme Pentagruel, que tout se qui entre fait ventre !

Qu’en est-il aujourd’hui alors que, non content d’avoir utilisé des données volées, le sinistre les a également passées à d’autres gouvernements européens comme n’importe quel petit receleur de banlieues. Celles-là même que son patron voulait passer au karcher lorsqu’il était en campagne, histoire de montrer son front certes dégarni mais national.

Se faisant celui qui voulait se faire passer pour Bayard, il y a quelques mois, n’est en fait rien de mieux que ce que la France de 40 a produit de plus abjecte, un vil délateur, sans plus de scrupule que ceux qui ont bâti des fortunes grâce à leur vilenie.

Or qu’apprend-on hier ? Bayard n’est, en fait, rien d’autre qu’un Prince Jean de pacotille, usurpateur aux relations politico-financières frôlant l’inceste avec sa propre épouse au service d’une personne sous enquête fiscale, (un bête "en cours") ministère dont il est, accessoirement à la trésorerie de l’UMP, le grand patron !

Le couple semble, tel le touriste du grand Nord avoir été fasciné, non par les aurores boréales mais par les or de l’Oréal !

Ce prince de l’ombre, au service du très ambitieux tsar caustique de Neuilly n’est, selon toute vraisemblance, rien de plus qu’un passeur d’enveloppe. Hugo nous a écrit les mystères de Paris, le locataire d’un faubourg décidément pas très honoré nous fait découvrir les affres des ministères du pari !

La vraie question désormais est de savoir si la France, qui se targue volontiers d’être une démocratie exemplaire notamment à l’égard de la Suisse, peut s’offrir le luxe d’un tel scandale à son sommet.

Certes de démocratie la France n’a aujourd’hui plus que les apparences. En réalité, c’est une monarchie élective, mais il est certain qu’à ne pas agir et de lui porter un dommage quasiment irréparable, celui qui la préside n’a pas d’autre issue honorable que d’ordonner une enquête.

Il pourrait même, comme c’est amusant, solliciter l’entraide judiciaire avec la Suisse afin de déterminer si OUI ou NON les sommes annoncées ont bien été retirées en cash des comptes de la milliardaires à cette époque.

Parallèlement il n’a pas d’autre issue non plus que de renvoyer son « cher » Woerth à la seule trésorerie de l’UMP. A défaut, au terme du quinquennat, le cher ami lui coûtera très très cher !

Ce qui est pathétique dans cette affaire c’est que la République mérite mieux que cela, et pour paraphraser la grande marque française, elle le vaut bien !!!!

 

Source Postluxtenebras

 

 


 

Affaire Bettencourt: les réponses de Sarkozy



 

L'interview de Sarkozy est "une honte", selon le SNJ-CGT

L'interview lundi soir de Nicolas Sarkozy par David Pujadas sur France 2 est "une honte pour l'information de service public", a affirmé mardi le SNJ-CGT de France Télévisions qui exige l'organisation d'"un débat pluraliste en prime time sur les retraites".

Cette émission "a été une heure de communication sans opposition avec un journaliste KO debout face au président, un journaliste complaisant, incompétent sur les dossiers traités, notamment sur les retraites, et laissant Nicolas Sarkozy avancer des contre-vérités", a déclaré à l'AFP Jean-François Téaldi, secrétaire général du SNJ-CGT du groupe public.

"Après ce type d'émission comment peut-on s'étonner de l'érosion de l'audience de nos journaux télévisés dans la mesure où ce qu'on montre est en décalage total avec ce que pensent les téléspectateurs, en décalage total avec la réalité du pays ?", s'interroge-t-il.

Le SNJ-CGT de France Télévisions exige "un débat pluraliste en prime time sur les retraites dès la rentrée, aux alentours de la manifestation intersyndicale du 7 septembre". Il demande aux téléspectateurs de "s'exprimer auprès de la direction du groupe pour exiger ce débat".

Source AFP

 

TROUVEZ L'ERREUR

 

Train de vie de Sarkozy

 


 

Sarkozy cherche à comprendre

 

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Comme je n’ai pas regardé la propagande sarkozyaque je ne peux parler qu’à partir de ses propos rapportés grâce à l’organe officiel du château, le Figaro.
Personne ne sera étonné que Woerth est définitivement blanchi et que l’affaire est close. Mais un détail a retenu mon attention et je vais vous en parler dans un instant.


On se demande parfois si les conseils en communication de l’Elysée ne nous prennent pas pour des demeurés finis. Et cela fatigue comme l’on dit à Marseille. Nicolas Sarkozy a repris et développé cette légende (Le Figaro) : « J’ai été préparé, j’ai été élu pour résoudre les problèmes des Français. Avec les réformes, vous gênez un certain nombre de gens. Et la réponse, c’est bien souvent la calomnie », a-t-il déploré. Cette litanie on la connaît par cœur elle vient compléter cette autre : c’est parce que les socialistes (socialo-trokistes, hitléro-gauchos etc.) n’ont rien à dire, aucune proposition à faire qu’ils nous attaquent.
 
Pour tout observateur, même du niveau intellectuel de la mer morte, comprend que l’affaire Woerth Bettencourt n’est qu’une incidente déclenchée de fait par l’attaque de Kiejman contre Claire T. l’accusant de vol qui par retour de flamme, bien en colère, a balancé son paquet. Tout un chacun sait que les enregistrements ont été faits par le majordome car on faisait le ménage chez la veuve dorée de tous ceux qui témoignaient contre le photographe avide. Et de fait il y a autant de rapport entre cette affaire Bettencourt et le dossier des retraites qu’entre une baleine et un moustique.
 
Ce qui m’amuse aussi c’est la capacité qu’à Nicolas Sarkozy a envoyer des baffes à ces thuriféraires en pleine gueule et que ceux-ci en redemandent. Rappelons-nous deux faits. A Neuve Yorque le Nicolas avait parlé de coupable dans l’affaire Courant Clair. Toute l’armada UMP avait pris sa défense bec et ongles, crocs et griffes. Puis voilà que plus tard en un off organisé il reconnaît que c’était une erreur. Bing, tiens prend ça dans les dents. Mais il en faut plus pour déstabiliser les Morano, Lefebvre, Bertrand, Paillé et autres valets et porte-voix. Ensuite vint l’Epad où les haut-parleurs, genre Balkani ne trouvaient pas assez de qualités au prince Jean qui rappelons nous le à l’époque se disait si engagé en politique qu’il travaillait 15 heures par jour, ce qui posait un problème : où trouver le temps pour diriger l’Epad ? et ce qui pose aujourd’hui un autre problème car on ne le voit plus au conseil général car il faut qu’il réussisse ses examens. Il en est ainsi en Sarkozye, les vérités sont assez changeantes, ce qui était vrai la veille ne l’est plus forcément le jour-même. Edgar Faure disait que ce n’était pas la girouette qui tournait mais le vent. Et à nouveau Nicolas Sarkzoy révélait une erreur de jugement. Bang sur le nez des caciques de l’UMP.

 

Mais ni une ni deux, comme les enfants battus qui aiment malgré tout leur parents, les sbires du pouvoir repartent à la charge. N’est-ce pas Xavier Bertrand qui hier encore quand Woerth pensait à haute voix qu’il allait démissionner de son poste de trésorier - il hésite car cela veut dire devenir le paria des riches, celui qui n’ira plus aux dîners fins - on vire vite les inutiles dans ce monde-là - , qui ne sera plus le manager du premier cercle, quoi que pour ce dernier point il est bien capable de rester car on en a parlé de démissionner aussi de ce poste de chef du club des plus riches donateurs de l’UMP - n’est-ce donc pas hier encore Xavier Bertrand qui disait qu’il n’était pas question que Woerth laissât son poste de trésorier de l’UMP ? Il est vrai qu’il faudra tout réorganiser. Mais on leur fait confiance, quoiqu’il y aura peut-être quelques défections. Vivons heureux, vivons cachés. La justice qui remue ce brouet à l’odeur faisandée, ce qui plaît aux veneurs, doit en agiter plus d’un. Voilà donc que devant le bon peuple, Nicolas Sarkozy désavoue sa clique impériale : il conseille à Woerth de démissionner : Sur la question de la double casquette embarrassante d’Eric Woerth de ministre et trésorier de l’UMP, Nicolas Sarkozy a toutefois révélé avoir conseillé à son ministre d’abandonner sa fonction au sein de l’UMP pour se « consacrer exclusivement » au dossier des retraites.
 
On peut s’étonner, outre l’évident conflit d’intérêt, qu’un ministre ne se consacrât pas totalement à sa tâche, d’autant plus quand elle est primordiale. Or le Président nous apprend qu’Eric Woerth ne le faisait pas. On le savait, mais c’est bien quand le Président qui ne cesse de dire que ses ministres sont à fond dans ce qu’ils font dit qu’en fait ils utilisent du temps pour autre chose, bien qu’ils soient payés pour leur boulot. A quoi s’ajoutent pour Woerth son poste de maire et de président de communauté de communes etc. Cinq boulots (avec celui de trésorier de l’UMP) pour un seul homme. Il est fort le gars. Il trouve de plus le temps de dîner et de chasser, et de récolter des fonds dont 7 500€ pour son parti bidon qui sert à détourner la loi. Rien que ce point reconnu et avéré devrait faire réfléchir ceux qui parlent de son intégrité. Quand on est intègre on ne cherche pas à dévoyer la loi. Un parti sans adhérents, qui n’a qu’une résonance ultra-locale au bénéfice d’un seul homme politique n’est évidemment pas un parti, n’est représentatif de rien et est donc une officine à détourner les lois comme le font ceux qui détournent les lois pour ne pas payer d’impôts. Or on dit qui se ressemble s’assemble.
 
Nicolas Sarkozy vient donc de dire qu’il avait conseillé à Woerth de démissionner de son poste de trésorier. Pif sur les joues du serpent à sonnette Bertrand. Et là c’est amusant. Soit il a avalé son boa constrictor avant l’entrevue télévisée car il savait ce que le président allait dire et a fait malgré tout sa déclaration absurde pour valoriser le Nicolas qui ainsi apparaissait au-dessus de la valetaille UMP, grand sacrifice du sbire en chef, soit il ne le savait pas et s’ajoute l’humiliation de ne pas avoir été averti. Que vont donc maintenant nous dire la horde - car ils sont nombreux à l’UMP - de porte-paroles de l’UMP ? Ce sera intéressant de voir leurs pirouettes. Ils démontreront que ce sont des larbins vils et serviles, sans honneur et sans courage.
 
Mais là où c’est très intéressant c’est que de fait, voulant faire le chef qui décide de tout, et voulant éteindre l’incendie, Sarkozy vient de reconnaître implicitement qu’il y a conflit d’intérêt et donc donne raison à toute l’opposition. C’est officiel : il y a conflit d’intérêt ! Du reste une commission, comme le réclamait Bayrou, va être nommée pour régler les conflits ultérieurs. Vous avez noté : ultérieurs. On ne regarde pas en arrière. On fait comme la loi d’amnistie, cette loi immonde et scélérate où sous la gauche, la plus grande majorité des députés auto-amnistiait la multitude. Celle-là est une des plus grandes hontes de notre République. Donc le Président amnistie d’avance les conflits passés. La justice n’aura pas à y mettre son nez.
 
La seconde conclusion est aussi intéressante. Woerth disait qu’il ne voyait pas pourquoi il démissionnerait car cela voudrait dire qu’il serait coupable. S’il démissionne maintenant c’est donc que le Président le juge coupable, puisque lui ne le voulait pas et considérait que ce geste était un aveu de culpabilité. Comment va-t-il nous expliquer cela ? Oh, je sais : l’honneur commande, si le peuple veut ce sacrifice, il le leur offrira, noble et droit, sur l’autel de l’intérêt supérieur de la nation flamboyante.
 
En ce qui concerne l’affaire Woerth, il y a si peu d’éléments que le Monde annonce qu’en plus celle concernant Banier et Bettencourt 6 perquisitions. Cela est une réponse par les faits aux déclarations. (L’identité des six autres personnes visées par la perquisition n’a pas été précisée. Selon une source proche de l’enquête, les policiers se sont rendus "chez un avocat et un notaire". Par ailleurs, selon nos informations, le bureau de Mme Bettencourt, situé à Neuilly-sur-Seine (et non son domicile, comme annoncé précédemment), a également été perquisitionné par les policiers de la brigade financière peu après 17 heures. Un photographe de l’agence Reuters a indiqué que des policiers inspectaient toujours peu après 22 heures lundi soir une dépendance de l’hôtel particulier de Neuilly, qui pourrait, selon le voisinage, être aujourd’hui occupée par l’actuelle comptable de la milliardaire)
 
Terminons en par ce que je vous annonçais au tout début. Voici les propos du chef de l’Etat rapportés par la Pravda : Le train de vie des ministres. Revenant sur l’autre talon d’Achille du gouvernement, l’indignation suscitée par les cigares de Christian Blanc et le permis de construire d’Alain Joyandet, le chef de l’Etat « a reconnu des indélicatesses ou maladresses  ». Mais Nicolas Sarkozy s’est défendu d’avoir réagi trop tard en ne sanctionnant pas immédiatement ces ministres. « S’agissant des questions humaines, je cherche à comprendre pourquoi quelqu’un a commis une erreur. Mon devoir est d’être équilibré. Les remaniements ne se font pas parce que les commentateurs s’agitent », a lancé le chef de l’Etat.
 
Extraordinaire n’est-ce pas ? Ce ne sont que maladresses, indélicatesses ou erreurs. Juste un rappel comparatif. Si dans une entreprise vous faisiez la même chose : se faire payer des cigares par l’entreprise, offrir un logement à sa famille etc vous seriez poursuivis pour abus de bien social et vous iriez en taule. Tout simplement. Ce qui, plus est, est extravagant c’est que 12 000 euros de cigares en dix mois c’est astronomique en fait. Ce ne sont que des cigares après tout, du superfétatoire. Et la somme représente de quoi faire vivre une famille modeste de cinq personnes. Il est vrai qu’il ne peut qu’avoir un très grand mal à comprendre quand en pleine crise il se fait aménager un avion au coût total de 180 millions d’euros dont 40 pour le seul aménagement tout cela pour éviter quatre fois par an de faire une escale ! Cela fait cher l’évitement de trois heures d’attente. Soit pour les deux ans d’utilisation avec Nicolas Sarkozy encore au pouvoir avec ce nouvel avion, disons une vingtaine d’heures d’attente gagnées, 40 millions d’euros. Le confort de Nicolas Sarkozy n’a pas de prix, ou si un : 2 millions d’euros l’heure.
 
Vous remarquez l’extraordinaire clémence de Nicolas Sarkozy et surtout le délai de réflexion avant de prendre une sanction. Au fait a-t-il pris ce délai pour les deux préfets, celui des sifflets et celui du crime de lèse pelouse, a-t-il écouté, chercher à comprendre les erreurs (quand bien même pour le lèse pelouse il n’y en avait aucune) ? Je ne crois pas me souvenir que son discours à l’époque était le même. Evidemment c’est du blabla. Les propos rapportés devant les élus UMP sont tout autres : il ne faut pas céder à la pression c’est moi qui suis maître du temps. Mais Nicolas Sarkozy a bien dit que ces comportements devaient être sanctionnés, mais seulement en octobre. Il y a là une évidente contradiction, en réalité un nouveau mensonge. C’est une certitude. Cependant ce que je veux relever c’est que dorénavant, je serais un futur karcherisé, je demanderais, selon la jurisprudence Sarkozy, que le tribunal prenne le temps de comprendre mon erreur et d’être juste. Je demande donc à Nicolas Sarkozy d’envoyer une double circulaire au ministère de la justice et de l’intérieur afin de bien préciser que dans leur mission, dorénavant, avant d’appréhender un voyou ou de le juger : qu’ils prennent leur temps et qu’ils cherchent à comprendre pourquoi le possible délinquant a commis une erreur et que leur devoir est d’être équilibré.
 
Juste une précision. En ce qui me concerne quand les faits sont avérés et graves, et s’il y a des circonstances atténuantes ou aggravantes à prendre en compte, un coupable doit être puni assez rapidement et non cinq mois après pour répondre à un souci de communication. Que ceux-ci fussent des voyous ou des ministres (voyous aussi de ce fait).
 
Hier soir on a appris que Nicolas Sarkozy mentait. Mais était-ce une nouvelle ?

 

N’oublions jamais :

    * l’affaire Karachi
    * l’affaire GDF
    * l’affaire Tapie
    * l’affaire Cleartream
    * l’affaire Bettencourt
    * l’affaire Wildenstein
    * l’affaire Peugeot
    * l’affaire de la Jatte
    * l’affaire de la rémunération illégale de septembre au 31 décembre 2007

Sarkozya delenda est !

Source AgoraVox

 

Et les affaires s'enchaînent...

 

l'hippodrome de Compiègne bradé

 

 


 

La France est-elle une vieille milliardaire qui se laisse gentiment plumer?


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Les affaires Woerth se multiplient chaque jour. On soulève un coin du tapis et on aperçoit un peu de poussière. Que va-t-il se passer si on soulève tout le tapis ? Va-t-on apercevoir en dessous, une trappe qui mène au  local à poubelles de l’immeuble ?

Tout ce qu’avait affirmé Mediapart et d’autres journaux se révèle donc vrai donnant tort à Nicolas Sarkozy lui-même.

Par ses relations, par ses amitiés cultivées pendant plusieurs années comme trésorier de l’UMP, Eric Woerth est au centre de tout un système d’influences qui a permis l’avènement de Nicolas Sarkozy.

Son expérience d’expert-comptable lui a permis de trouver des moyens de contourner les lois sur le financement des partis politiques et de les mettre au service de Nicolas Sarkozy et de l’UMP.

Le système est basé sur la défiscalisation des dons aux associations.

Le principe : si vous faites un don à une association pour pouvez défiscaliser 60% de votre don. Un don à une organisation politique ne peut excéder 7.500€ par an et par personne.

Mais je peux faire plusieurs dons à des associations différentes.

Imaginons que je sois imposé sur la fortune et que je veuille financer la campagne de Nicolas Sarkozy.

Je peux donner 7.500€ à l’UMP, ma femme aussi, soit 15.000€.

Je peux faire de même avec l’association de soutien à Nicolas Sarkozy, soit 15.000€.

Je peux répéter l’opération avec l’association des amis de Nicolas Sarkozy, soit 15.000€

Je peux faire le même don à l’association pour la recherche sur les talonnettes de Nicolas Sarkozy, soit encore 15.000€.

Et ainsi de suite, du moment que ces associations destinent mes dons à la campagne de Nicolas Sarkozy.

Ainsi, en versant 60.000€, j’obtiens une déduction d’impôts de 60.000 x 60% = 36.000€.

Vous me direz : « N’empêche, tu as dépensé en réalité 60.000€ - 36.000€ = 24.000€, est-ce que ça vaut vraiment le coup ? »

En ayant financé Nicolas Sarkozy de cette façon avec plein d’autres gens fortunés, nous constituons tous ensemble un lobby discret qui peut peser de façon efficace sur certaines orientations politiques et obtenir pour certains d’entre nous, des faveurs au gré des circonstances : un hippodrome pas cher, la fin d’un redressement fiscal pour un ami, une loi instaurant le bouclier fiscal aussi bien pour les revenus imposables que pour le patrimoine.

Mes 24.000€ auront été un investissement. Grâce au bouclier fiscal, le fisc me reverse 100.000€. A cela, s’ajoutent les 108 niches fiscales qui me permettent de ramener mon taux d’imposition au niveau d’un simple cadre.

La France est une vieille milliardaire dont le patrimoine a été « confisqué » par des gestionnaires de fortune. Ces gens se relaient depuis plusieurs années, voire plusieurs décennies pour nous plumer. Leur hypocrisie est telle qu’ils arrivent à nous faire croire qu’ils sont totalement désintéressés, qu’ils sont en mission pour la grandeur de la France !

Les petits héritiers que nous sommes, n’y peuvent pas grand-chose, à part chasser, en 2012, les avocats d’affaire et experts-comptables qui se servent copieusement sur l’héritage avec le soutien des plus fortunés.

Source Milton Dassier sur l'actu

 

 


Sarkozy à la télévision: 20 mensonges, 4 enveloppes, et un parc

Ne croyez pas Nicolas Sarkozy quand il explique qu'il va travailler «tout l'été» avec François Fillon et Eric Woerth pour discuter et peaufiner la réforme des retraites. Il part ce soir en vacances. L'an dernier déjà, il s'était accordé 5 semaines de congés.

Lundi soir, la prestation télévisuelle de Nicolas Sarkozy n'a réservé que deux surprises : Eric Woerth va démissionner de ses fonctions de trésorier de l'UMP, une preuve supplémentaire, s'il en est, que la polémique de ces dernières semaines a porté ses fruits. Autre sujet, Sarkozy a promis la création, dès la rentré prochaine, d'établissements scolaires spécialisés pour «redresser» les collégiens et lycéens les plus dissipés voire violents.

20 mensonges pour 65 minutes d'interview


Pour le reste, les propos furent prévisibles. Le chef a «évacué» l'affaire Woerth-Bettencourt-Sarkozy en une quinzaine de minutes. Il fut même surprenant de constater à quel point il n'a rien compris au problème de conflit d'intérêt. Il n'a pu s'empêcher de récupérer à son compte l'initiative d'évènements qui le dépassent, tels le départ de Joyandet de son gouvernement. Sans surprise non plus, il a réitéré que sa réforme des retraites irait à son terme, et qu'importe l'ampleur des manifestations le 7 septembre prochain. Pas un mot sur son revirement au sujet de l'âge de la retraite. Si Sarkozy n'a pas compris l'ampleur de la situation, c'est peut être parce qu'il ne connaît pas bien la réalité. Le nombre d'erreurs et de mensonges, incroyable pour une intervention télévisée soit-disant préparée depuis un mois, est stupéfiant.

Outre les réactions négatives, sauf à l'UMP et dans les colonnes du Figaro, certaines déclarations de Nicolas Sarkozy ont été rapidement démenties. Ainsi, Pierre-Alain Muet, économiste et député socialiste du Rhône, a détecté 10 mensonges, plus ou moins grossiers, dans les propos présidentiels. d'autres démentis sont venus de toutes part.

Voici donc la liste des 20 mensonges de Nicolas Sarkozy.

1. «La France est le pays qui travaille le moins.» C'est faux: les salariés français travaillent en moyenne. 36,5 heures en 2008 par semaine, contre 34,6 heures en Allemagne, 34,5 heures au Danemark, 35,6 heures en Suède, 33,2 heures en Norvège, et 33,9 heures aux Etats-Unis.

2. «Les pays qui ont le plus réduit le chômage sont ceux qui ont augmenté le temps de travail». La réalité est ... inverse : Pierre-Alain Muet rappelle que «les pays qui ont le plus réduit leur temps de travail sont ceux qui ont le taux de chômage le plus faible. Les Pays-Bas (4,3 % en mai 2010) ; la Norvège (3,7 %), l'Allemagne (7,5 %), le Danemark (6 %) alors que le taux de chômage harmonisé approche 10 % en France.»

3. «Les 35 heures ont détruit la compétitivité». Faux : elle s'est améliorée de 1997 à 2002. Le solde extérieur de la France est redevenu négatif ... depuis 2002.

4. «La France est le pays qui taxe le plus les hauts revenus». Faux à nouveau. Grâce aux niches fiscales et à la faible taxation des revenus du capital, le taux d'imposition des plus riches reste faible : «Il est de 25 % pour les 1 000 plus hauts revenus et tombe à moins de 20% pour les 10 plus hauts revenus» note le député Muet. Et le taux d'imposition de Mme Bettencourt est estimé à 20%. Pas plus.

5. «La France est le pays qui taxe le plus les entreprises.» Toujours faux. Le taux d'imposition des bénéfices des grosses PME (> 500 salariés) est d'environ 20%, et inférieur à 13 % pour les entreprises de plus de 2 000 salariés.

6. «Le bouclier fiscal évite de verser plus de 50 % de ce que l'on gagne à l'Etat.» C'est argument a été maintes fois démonté. le bouclier fiscal protège le patrimoine et la rente, pas le travail.

7. «Il existait avant mon élection des contribuables qui payaient 100% d'impôt. C'est-à-dire qu'ils gagnaient 1.000, ils payaient 1.000. » Ce mensonge est l'un des meilleurs, le plus grossier, le plus énorme. Personne, en France, ne paye 100% d'impôt. Lundi soir, David Pujadas n'a même pas relevé. Faut-il rappelé que la tranche la plus élevée de l'impôt sur le revenu est de ... 40% ? Et même en ajoutant la taxation des revenus de l'épargne et du patrimoine (moins imposés que le travail), on ne parvient pas à ce chiffre mirobolant.

8. «Le collectif Sauvons la recherche ne s'exprime plus, les chercheurs ne font plus grève». Evidemment, la réponse n'a pas tardé. L'arroseur de l'Elysée s'est fait copieusement arrosé. Le collectif Sauvons la recherche s'est fendu d'un communiqué intitulé: «Aujourd’hui en France quand des chercheurs font grève, seul le chef de l’Etat croit qu’ils travaillent». Et il a rappelé que l'année 2009 écoulée «a été marquée par une grève dans les universités et organismes de recherche comme on n’en avait pas vu depuis 1968.» Depuis 2007, on recense 1600 mouvements de grèves dans la recherche. La dernière manifestation date ... du 1er juin dernier.

9. «En 1997, les socialistes allemands ont supprimé l'impôt sur la fortune en Allemagne». On appellera cela un mensonge par omission : Sarkozy oublie de préciser que les Allemands, socialistes ou pas, n'ont pas supprimé les droits de succession sur l'héritage. Surtout, Sarkozy attribue aux socialistes allemands la décision politique de supprimer leur ISF. Ce n'est pas tout à fait ça : après une décision de leur Cour constitutionnelle du 22 juin 1995, les Allemands ont renoncé à leur ISF. De surcroît, cette décision de la Cour a été invalidée par une autre décision de justice depuis.

10. «Le bouclier fiscal existe en Allemagne depuis plus de vingt ans». Sarkozy récidive. Il n'y a pas de bouclier fiscal en Allemagne. Le président français, qui paraît-il use de Facebook, pourrait-il prendre la peine de regarder sur le Net à quel point cette récidive mensongère finit par amuser la galerie ?

11. «En 2008, les socialistes espagnols ont supprimé l'impôt sur la fortune en Espagne.» José-Luis Zapatero a rétabli une forte imposition sur le patrimoine depuis mars dernier, crise oblige.

12. «Il n'y a aucune raison que l'Etat s'impose une gestion rigoureuse et que les collectivités territoriales, notamment les régions, continuent une politique d'augmentation du nombre de fonctionnaires: 34.000 chaque année depuis 10 ans à compétence constante». Ainsi Sarkozy voulait-il dénoncer l'inflation des budgets régionaux. Le socialiste Martin Malvy, porte-parole de l'Association des régions de France (ARF) lui a répondu : l'Etat a transféré 80 000 fonctionnaires aux Régions ces dernières années.

13. Pour le défendre, Nicolas Sarkozy a qualifié le procureur de Nanterre de «juge». C'est faux. Il est procureur. C'est d'ailleurs toute la différence. Un procureur dépend du parquet, c'est-à-dire du ministère de la Justice. Un juge est indépendant.

14. Le taux de chômage en France serait de 9,5%, et non pas de 10%. C'est faux. Il faut être précis, comme l'a rappelé Nicolas Sarkozy à David Pujadas. Le taux de chômage en France (Outre-mer comprise) est de 9,9% selon l'Insee.

15. Au début de son intervention, Sarkozy cite le «rapport extrêmement fouillé de l'inspection des finances» au sujet de l'éventuelle intervention d'Eric Woerth dans l'examen de la situation fiscale de Mme Bettencourt. Le rapport n'est pas de l'IGF mais de la seule responsabilité de son directeur, comme ce dernier le rappelle en préambule. De surcroît, il ne contient que 12 pages, et multiplie les précautions d'usage à cause du faible délai imparti à l'enquête (10 jours).

16. Aucune enquête sur les soupçons de conflit d'intérêt du couple Woerth ni sur le financement politique illégal n'a été conduite à ce jour.

17. A propos de la nomination des patrons de l'audiovisuel public, Sarkozy explique que ces nominations sont soumises à l'approbation des commissions culturelles du Sénat et de l'Assemblée Nationale. C'est faux. Ces deux commissions ont un droit de veto, au 3 cinquièmes. Elles n'approuvent rien. Bien au contraire, un obstacle majeur (3/5èmes de vote) leur est imposé si elles veulent contester la décision du Chef.

18. «En 35 ans, jamais on ne m'a accusé de quoique que ce soit de sérieux.» Sarkozy oublie simplement le Karachigate, et ces accusations émanant de la police luxembourgeoise. Rien que ça.

19. Selon Nicolas Sarkozy, la prise en compte de la pénibilité dans sa réforme des retraites, serait «un droit nouveau». C'est faux. Le principe même des régimes spéciaux des cheminots, des mineurs, et d'un certain nombre de professions jugées physiquement éprouvantes était cette prise en compte de la pénibilité. Sarkozy, qui se félicite de les avoir abroger (ce qui est également partiellement faux, mais c'est un autre sujet), devrait s'en souvenir...

20. Lundi soir, Sarkozy s'indignait aussi qu'on le soupçonne d'être allé chercher des enveloppes d'espèces chez le couple Bettencourt. Effectivement, certaines enveloppes étaient directement portées au siège de l'UMP, sur instruction du trésorier Eric Woerth. Mais cela, c'est la révélation du jour. Malgré ses efforts, le Sarkogate continue.

"Le stade ultime de la corruption"


Mardi, le Nouvel Observateur publiait en effet une nouvelle information relative au financement politique de la campagne Nicolas Sarkozy en 2007 : un mémo de Patrice de Maistre, daté du 29 septembre 2006, via la Fondation Bettencourt-Schueller, à André Bettencourt, qui demandait à son actionnaire de verser, avec son épouse Liliane, 30 000 euros au futur candidat dès septembre 2006. Le tout, en jonglant avec la loi. Cette dernière interdit à une personne physique de verser plus de 7 500 euros à un même parti politique, et plus de 4 500 euros à un candidat. Patrice de Maistre suggère à son patron (1) de profiter que Nicolas Sarkozy n'ait pas été déclaré officiellement candidat, et (2) de verser, avec son épouse, à deux associations politiques pour contourner le plafond de 7 500 euros. Au total, de Maistre demande à Bettencourt de verser 30 000 euros pour la campagne, dans 4 enveloppes séparées. Mieux, dans ce courrier, Patrice de Maistre explique qu'il fait suite à «la réunion avec Monsieur Eric Woerth, trésorier de l'UMP». Maistre précise : «Nous avons convenu avec Monsieur Woerth que vous pourriez faire déposer ces quatre chèques à son attention, à l'UMP, 55 rue de la Boétie, Paris 8ème.»

On savait, depuis le rapport du directeur de l'IGF publié dimanche, que Patrice de Maistre avait ses entrées auprès d'Eric Woerth, vu le nombre de visites personnelles répertoriées dans le document. On comprend aujourd'hui l'origine de ces faveurs.

L'affaire Woerth-Bettencourt se poursuit donc. Sarkozy avait peine à comprendre qu'on puisse s'inquiéter du conflit d'intérêt potentiel. Le conflit d'intérêt est pourtant «le stade ultime de la corruption» expliquait Séverine Tessier, porte-parole d'antiCor quelques heures avant l'intervention présidentielle. Sarkozy, lundi soir, fut bien en peine pour débattre du sujet. Il s'est abrité derrière de vieilles pratiques, et a annoncé la création d'une commission qui viserait non seulement les ministres mais aussi les parlementaires.

Cette dernière révélation sur 30.000 euros remis, légalement et en quatre enveloppes à l'UMP pour financer la campagne électorale de Sarkozy, n'était pas la seule information du moment.
La veille, pas moins de sept perquisitions concernant l'affaire Bettencourt et les soupçons d'évasion fiscale ont été menées sur ordre de Philippe Courroye. Faudrait-il rappeler, une fois de plus, que ces enquêtes n'existent que grâce aux révélations de ces dernières semaines ?

Autre information, Patrice de Maistre, selon l'Express, a bénéficié d'un don de 5 millions d'euros de Mme Bettencourt.

Et Mediapart, de son côté, revenait sur la fameuse Eva Ameil, banquière à la BNP qui a démenti avoir reçu un appel de Claire T., l'ex-comptable de Bettencourt mentionnant un éventuel financement politique illégal de la campagne de Sarkozy. Eva Ameil est «une super VRP pour le compte de BNP Paribas. Elle utilise son carnet d'adresses pour ramener vers la banque une clientèle sélecte et fortunée, qui préfère généralement des établissements bancaires plus discrets.» Voici donc le témoin à charge avancé contre l'ancienne comptable de Bettencourt. Qu'attend-t-on pour lancer une instruction judiciaire en bonne et due forme ? Philippe Courroye, dans une interview au Monde, jugeait toujours, lundi dernier, qu' «en l'état, il n'y a aucune raison technique, juridique ou procédurale pour ouvrir une information judiciaire.»

Le procureur de Nanterre a subi un échec : mardi matin, la cour d'appel de Versailles a rejeté son appel en urgence contre le supplément d'information ordonné le 1er juillet par le tribunal correctionnel dans le procès visant les dons de la milliardaire au photographe François-Marie Banier. Une magistrate indépendante, la juge Isabelle Prévost-Desprez,va ouvrir une seconde enquête, cette fois-ci sur la fortune de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt.

Mercredi, le Canard Echaîné et Marianne lançaient un nouveau scud contre l'honnête homme du ministère du Travail. Le maire de Chantilly, ministre du Travail et trésorier de l'UMP aurait bradé une parcelle de la forêt de Compiègne, contre l'avis de son collègue ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire.Cette propriété de l'Office National des Forêts, qui comprend également un hippodrome et un golf, a été cédé à la Société des courses de Compiègne. L'heureux acquéreur, Antoine Gilibert, est une proche connaissance d'Eric Woerth, dont la commune et l'hippodrome sont voisins.

Les affaires continuent. Il est temps de partir en vacances. Au Cap Nègre.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

Source Marianne2

 

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Courroye : Un procureur au service de l’Elysée ?

 

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Qui est Philippe Courroye ? Enquête-t-il vraiment, ou donne-t-il simplement l’illusion d’une Justice en marche dans une affaire Bettencourt qui scandalise l’opinion ? Voici quelques éléments de réponse pour y voir plus clair.

En 2007 Philippe Courroye est nommé procureur de la République près le tribunal de grande instance de Nanterre (décret du 8 mars 2007 signé par le Ministre de la Justice ) et ce, contre l’avis du Conseil supérieur de la magistrature. Le Syndicat de la magistrature dénonce alors « un verrouillage par la droite des postes stratégiques ».

 Moins de deux ans plus tard, on retrouve le juge Courroye. Il est l’homme du classement sans suite de l’affaire du duplex acheté à bas prix par Nicolas Sarkozy sur L’île de la jatte à Neuilly.

 Le juge Courroye fait également l’objet d’un dépôt de plainte de la part de Charles Pasqua, qui lui reproche d’avoir mené une instruction exclusivement à charge dans l’affaire de L’Angolagate, le juge aurait disqualifié certains documents qui mettaient en cause certains hommes politiques de plus grandes envergures…

 Malgré les critiques dont il est l’objet, Le 24 avril 2009, Philippe Courroye est promu officier de l’ordre National du Mérite par Nicolas Sarkozy.

 A peine un an plus tard, voilà qu’on retrouve à nouveau le juge Courroye au centre d’une affaire en « gate », l’affaire Bettencourt, que certains désignent sous l’appellation de Woerthgate tant elle fait penser au Watergate. Le nom du fameux juge apparaît cette fois dans les enregistrements effectués au domicile de Liliane Bettencourt.

 Le 12 juin 2009 en effet, une conversation est captée entre la milliardaire, son avocat Fabrice Goguel et le gestionnaire de sa fortune, Patrice de Maistre. Elle concerne l’affaire qui oppose alors Liliane Bettencourt à sa fille et dont le Juge Courroye est chargé.

Fabrice Goguel : «  Je sors du bureau du procureur de la République. […] Il voudrait faire juger l’affaire par l’expert. Pour lui, en fait, l’expertise est une façon de ne pas avoir de décision à prendre lui-même. Donc, il est déçu que vous n’acceptiez pas l’expertise.  » […]

Patrice de Maistre : « C’est Courroye qui est le nœud du truc. C’est pas Sarkozy, c’est Courroye. »

Liliane Bettencourt : « Il est gêné aux entournures. »

Fabrice Goguel : « Courroye aussi est très gêné. Il a très peur de devoir prendre une décision. Il pense qu’il y a des risques. C’est pour ça qu’il aurait préféré l’expertise, qui lui aurait évité le risque. »

 A peine un mois plus tard, le juge Courroye va prendre la bonne décision dans cette affaire, et on va voir qu’elle inquiète déjà les plus hautes sphères du pouvoir. Là encore, les enregistrements sont accablants eut égard à la collusion des intérêts des uns et des autres.

 Le 21 juillet 2009 une discussion à lieu entre Madame Bettencourt et son homme d’affaire Patrick de Maistre :

– L.Bettencourt : Vous êtes content ?

– P. de Maistre : Je suis très content. Pour vous.

– L.Bettencourt : Pourquoi ?

– P. de Maistre. : Euh, il faut vraiment que ça ne parte pas vers François-Marie [Banier] ce que je vais vous dire. J’ai eu l’Elysée et l’Elysée m’a dit que…

– L.Bettencourt : Qui ?

– P. de Maistre : Le palais de l’Elysée. Le conseiller de Nicolas Sarkozy. Il m’a appelé, il y a…

L.Bettencourt. : Sarkozy ?

P. de Maistre : Non, son conseiller juridique, à l’Elysée, que je vois régulièrement pour vous. Et il m’a dit que le procureur Courroye allait annoncer le 3 septembre, normalement, que la demande de votre fille était irrecevable. Donc classer l’affaire. Donc, voilà. Mais il ne faut le dire à personne, cette fois-ci. Il faut laisser les avocats travailler. Voilà.

« On nous reproche de nous connaître, mais cela ne l’a pas empêché de faire son métier, ni moi le mien. » déclarait pourtant avec aplomb Nicolas Sarkozy après avoir remis la médaille du Mérite au juge Courroye. Un « flagrant délit » de schizophrénie Sarkozyste.

Seulement voilà, l’affaire qui aurait pu se terminer ainsi ne va pas s’arrêter là. Un témoignage accablant est publié dans Médiapart. D’après l’ex comptable de Madame Bettencourt, de nombreux hommes politiques sont passés chercher des enveloppes de cash, lors de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Monsieur Woerth, alors trésorier de l’UMP aurait ainsi reçu 150 000 euros.

Face à ces nouveaux éléments, que fait le procureur Courroye ? Ouvre-t-il une enquête pour financement illégal de parti politique ou pour trafic d’influence ?

Non. Au regard des enregistrements ci-dessus mentionnés vous auriez du mal à l’imaginer et vous avez raison. Le juge Courroye s’active au contraire sur la base d’une plainte contre X pour dénonciation calomnieuse, déposée par Eric Woerth, qui est directement visé par l’ex comptable de Madame Bettencourt et les enregistrements dans lesquels on apprend au passage qu’il a fait embaucher sa femme par…Madame Bettencourt.

Monsieur Woerth et Monsieur Sarkozy, qui est lui aussi accusé d’avoir reçu de l’argent, ne portent pas plainte en diffamation contre la comptable et Médiapart qu’ils accusent pourtant de mentir. Ils choissent encore une fois de faire confiance à Monsieur Courroye.

Et en effet, aussitôt le juge saisi de l’affaire, ce n’est pas une pluie de mises en examen qui se produit, mais une semi rétractation du témoin principal.

A la suite des révélations de Clair T dans Médiapart, Des officiers de la police Judicaire ont en effet été dépêchés immédiatement par le juge Courroye au domicile de celle ci, elle est interrogé jusque tard dans la nuit sans la présence de son avocat et embarqué dans la foulée à Paris par les inspecteurs. Paniquée, elle finit par se rétracter en partie, notamment en ce qui concerne Monsieur Sarkozy. Charles Pasqua se plaignait d’avoir été uniquement instruit à charge, et bien dans l’affaire Bettencourt le juge Courroye n’a pour l’instant instruit qu’à décharge.

« Le mot pression me semble tout à fait adapté. ... absolument scandaleux l’ acharnement du parquet à son encontre » dénonce Maître Gillot, qui n’est pas l’avocat de Liliane Bettencourt, ni de Monsieur Woerth, mais celui du témoin, la modeste comptab

le par qui le scandale est arrivé.

Depuis quand la fonction d’un procureur est de mettre la pression sur ses témoins ? On se le demande.

Entre temps et en violation du secret de l’instruction, des fuites semblent avoir été organisées au plus haut niveau de l’Etat, afin d’alimenter des contre feux dans le Figaro, mais aussi dans d’autres journaux tels que Libération et Le monde qui titrent aussitôt « la comptable s’est rétractée ».

Après cette fin de semaine mouvementée, le lundi, en prime time, face à un David Pujadas qui ne posera pas de problème, Nicolas Sarkozy, peut apparaître calme et sûr de lui à la télévision. Il n’y a pas d’affaire Bettencourt, il s’agit d’un complot, et le juge Courroye est un excellent professionnel qui fait son travail en toute indépendance.

Qu’en pensez vous ?

Affaire à suivre…

Source AgoraVox

 

 

De Maistre se noie dans l’argent liquide

 

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Dans le genre « plus c’est gros, plus ça passe », Patrice de Maistre est presque aussi généreux que Nicolas Sarkozy.

Si les Bettencourt, fin 2006, ont envoyé leur comptable à la Banque Dexia dans le but d’y retirer 500.000 euros en liquide, cela n’avait rien à voir avec la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, affirme-t-il dans le Journal du Dimanche : « Tout cela relève du fantasme ». Il s’agissait d’un retrait ordinaire pour le couple le plus fortuné de France, un retrait en rapport avec « un train de vie extraordinairement élevé ».

Tout un chacun retire 200 ou 300 euros pour les courses du mois. Chez les Bettencourt, c’est 500.000 et voilà, c’est tout, circulez, rien à voir. C’est tellement vrai, ajoute le gestionnaire, qu’un jour, la comptable refusa 400.000 euros en liquide à Liliane Bettencourt, qui voulait tout bonnement, dit-il, « s’acheter une bague. »

Or ce qui relève du fantasme, c’est qu’un bijoutier ayant pignon sur rue accepte un règlement en espèces pour une bague de 400.000 euros.

 

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L’article L112-8 du code monétaire et financier, en vigueur au moment des faits,  est formel :

« Tout règlement d’un montant supérieur à 3.000 euros effectué par un particulier non commerçant, en paiement d’un bien ou d’un service, doit être opéré soit par chèque, répondant aux caractéristiques de barrement d’avance et de non-transmissibilité par voie d’endossement, mentionné à l’article L. 96 du livre des procédures fiscales, soit par tout autre moyen inscrivant le montant réglé au débit d’un compte tenu chez un établissement de crédit, une entreprise d’investissement ou une institution mentionnée à l’article L. 518-1. Toutefois, les dispositions du présent alinéa ne font pas obstacle au paiement d’un acompte, réglé par tout moyen, dans la limite de 460 euros. »

Cela signifie que les sommes en liquide retirées par la comptable des Bettencourt ont fini, au sens propre du terme, dans des comptes occultes. Rien n’indique, en revanche, qu’il s’agisse de comptes occultes d’un parti politique.

Source Déchiffrages

 


  

Liste non exhaustive des scandales liés à l'actuel pouvoir en place dans notre si belle 'République'. Il y a de quoi avoir la gerbe, ou l'envie, le besoin que déguerpisse toute cette 'racaille'. Nixon est tombé pour moins que ça...

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/une-effarante-accumulation-de-76929

 

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Publié dans France

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