Quand Blanrue met le doigt là où ça fait mal - par Johan Livernette

Publié le par Aleth



« Sarkozy, Israël et les Juifs », voilà trois mots juxtaposés avec audace par l’historien Paul-Eric Blanrue. Trois mots brûlants composant le titre de son dernier ouvrage, tel un clin d’œil à De Gaulle, mais actuellement tabous au pays de Voltaire. « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ». Ok, sauf que le dernier ouvrage de Blanrue s’est vu censuré, ou tout du moins boycotté par les médias, les libraires français et le diffuseur français de son éditeur belge.
Silence radio autour de « Sarkozy, Israël et les Juifs ». Un sacré hic pour un pays s’acharnant à donner des leçons de droits de l’homme, de démocratie et de liberté d’expression au monde entier. Antisémite Paul-Eric Blanrue ? Pas un instant, pas une seule virgule déplacée ne vient à la rescousse des petits censeurs comme Jean-Paul Enthoven et Bernard-Henri Lévy.

D’emblée, avec clarté et précision, Blanrue établit la comparaison entre De Gaulle et Sarkozy en matière de politique étrangère. Il relève alors la manière adoptée par l’ancien maire de Neuilly pour atteindre les sommets de l’Elysée, la subtile arnaque visant à se faire élire sur une ligne nationale-républicaine en draguant l’électorat du FN pour mieux la trahir dans les actes avec l’allégeance au sionisme.

« Sarkozy, Israël et les Juifs », c’est l’histoire d’une double ascension à la tête de l’Etat français : celle de Nicolas Sarkozy et du lobby sioniste. S’appuyant sur de nombreuses déclarations, un énorme travail de recherche, Blanrue pourfend les amalgames foireux de la pensée unique. Point essentiel contrecarrant la propagande : le sionisme n’est pas le judaïsme. Il est d’ailleurs utile et nécessaire de rappeler que l’un est un projet politique désastreux, l’autre une religion ; cette précision renvoyant dans les cordes la sempiternelle accusation d’« antisémite ».

L’auteur démontre à sa manière que s’il y a eu rupture, elle intervint lors du passage de témoin entre Chirac et Sarkozy. Il retrace le parcours de ce dernier, ses accointances avec les grands patrons, la communauté juive -bien plus par carriérisme politique que du fait de ses origines (son grand-père était juif, lui est catholique)-, son alignement sur l’Israël de Sharon et les Etats-Unis de Bush et détaille la composition de son entourage à l’Elysée. Blanrue aurait presque pu intituler son ouvrage « Sarkozy et les collabos-sionistes », la vraie ouverture qu’aucun média officiel n’a osé et n’osera évoquer !

Divers mensonges sont dès lors épinglés : Israël est une démocratie, la lutte contre le terrorisme, la menace nucléaire iranienne… et la ligne éditoriale sioniste dévoilée : lutte contre l’antisémitisme, sécurité d’Israël, légitime défense d’Israël… en gros l’habituelle rhétorique que subit, au quotidien, le Français moyen dans les médias institutionnels.

Alors Sarko l’Américain ou Sarko l’Israélien ? Assurément les deux. Assurément l’homme des réseaux atlanto-sionistes mis en place non pas pour agir dans l’intérêt du peuple français, mais bien dans celui de l’impérialisme étasunien et de l’Etat criminel et colonial d’Israël.

Quand Paul-Eric Blanrue désigne, démasque, dénonce, sans verser dans le pamphlet mais avec objectivité et références à l’appui, le lobby sioniste français qu’il préfère nommer « réseaux pro-israéliens », il met le doigt là où ça fait mal. Il touche un point sensible et se trouve immédiatement censuré. En disgrâce médiatique donc. Mais dans le fond, à l’heure où les espaces de liberté d’expression se réduisent à vue d’oeil, n’est-ce pas aujourd’hui un signe de courage et de pertinence ? Ou mieux encore l’effet boomerang de toute authentique dissidence ?

Au fil des pages, l’éloquence de Paul-Eric imprègne le lecteur à la recherche de vérité. Ses bons mots font rejaillir les principaux maux de l’oligarchie française, l’indigne allégeance au fascisme de ce début de millénaire, le triste tableau d’une élite française en plein naufrage. Les tacles sont paradoxalement peu nombreux. Finkielkraut et Glucksmann y sont égratignés tandis que notre comique national, B-HL, se fait durement plomber suite à ses élucubrations à propos de Gaza et du Darfour.

Sinon, le lecteur intègre une multitude d’éléments sur certains réseaux officieux du pouvoir (CRIF, UPJF…). Il perçoit que le diable en question porte un masque, celui de la lutte contre l’antisémitisme. Il constate aussi les mensonges, la mauvaise foi sioniste. Puis il passe par divers sentiments, entre amertume et révolte, au travers de diverses soumissions et injustices. Mais il ne perd jamais espoir d’un retour de souveraineté nationale, d’une salutaire résurrection populaire. Car c’est un formidable et instructif récit que nous livre cet historien-écrivain, tel un pas de plus vers la conscientisation des sains d’esprit au royaume de la surpuissante pensée unique.

 

 

 


 


 

ndlr : ce que ne comprennent pas les félons à l'origine de la censure, c'est qu'elle engendre inexorablement un 'buzz' terrible et exponentiel via la toile numérique. Par conséquent, ils obtiennent in fine l'inverse de ce qu'ils souhaitaient au préalable. Et c'est bien fait pour leur gueule si je puis dire.


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