Angolagate : la main dans le panier... de crabes !

Publié le par Aleth

 


(Les bonnes nouvelles se font rares en ces temps assombris... Mais le passé finit toujours par ressurgir... Alors les 'racailles' commencent à s'inquiéter... Et c'en devient jouissif... Même si les 'sanctions' - s'il y en a - vont être si douces pour les accusés qu'ils ne les sentiront pas même passer)


Que du beau linge ! Le lundi 6 octobre 2008, au Tribunal correctionnel de Paris, ont pris place sur le banc des accusés :
- un fils de président, Jean-Christophe Mitterrand.
- un conseiller des princes de la République, Jacques Attali.
- un ancien Ministre de l'intérieur, Charles Pasqua.
- un ex-préfet libérateur d'otages au Liban, Jean-Charles Marchiani.
- un écrivain à gros tirages, Paul-Loup Sulitzer.

Ainsi que trente sept autres prévenus, dont un magistrat "anti-sectes", et ancien député, Georges Fenech. N'oublions pas les deux principaux accusés : l'homme d'affaires français Pierre Falcone, et l'oligarque Arcadi Gaydamak. Natif de Moscou, ce dernier cumule les passeports français, angolais, canadien et israélien. Il sera le seul à faire faux bond. Gaydamak a préféré rester en Israël, d'où il ne peut être extradé. Tous plaideront l'innocence.

Dans l'optique de l'accusation, Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak auraient monté entre 1993 et 2000 - par le truchement d'une société slovaque, ZTS Osos, et d'une autre, française, Brenco - un vaste trafic illégal d'armes avec l'Angola. D'où le titre "Angolagate" que les médias ont donné à ce dossier. A l'époque, le gouvernement angolais fait face à un conflit civil qui l'oppose aux milices de l'Unita. Ces ventes de matériel de guerre auraient rapporté 570 millions d'euros (890 millions de francs). Pour les avocats de Falcone et de Gaydamak, ces ventes se révèlent légales. Il n'y a donc pas de trafic illicite.

Toujours selon l'accusation, Falcone et Gaydamak ont tissé un réseau au sein de la sphère des décideurs politiques, économiques, médiatiques et judiciaires, afin de mener à chef l'opération angolaise. Pour lubrifier les rouages de cette mécanique d'influences, les deux hommes d'affaires auraient attribué à ces personnalités bien placées de substantielles gratifications par l'intermédiaire notamment de banques suisses. Leurs défenseurs affirment soit que leurs médiatiques clients n'ont pas reçu d'argent, soit que ces sommes correspondaient à des prestations en conseils de communication, qui n'avaient rien à voir avec un trafic d'armes. Voici une petite revue de quatre accusés vedettes...



Pierre Falcone, né en 1954 à Alger, dirige ses affaires dans deux secteurs clés : le pétrole et l'armement. Il est aussi un proche de Charles Pasqua. Il a été condamné le 11 décembre 2007 à un an de prison ferme dans une affaire de détournement de fonds. Puis, cinq semaines plus tard, à quatre ans de la même peine pour fraude fiscale. Falcone soutient que dans l'"Angolagate" il n'y a pas eu de trafic illégal.




Jean-Christophe Mitterrand, né en 1946 à Boulogne-Billancourt, près de Paris, est un homme d'affaires aujourd'hui ruiné. Il fut le conseiller "Afrique" de son père, lorsque celui-ci régnait à l'Elysée. Brenco, la société de Falcone et Gaydamak, lui aurait versé 1,8 million de dollars US (2 millions de francs) sur le compte de la banque genevoise Darier, Hentsch & Cie. Accusé de "complicité de commerce illicite d'armes" et de "recel d'abus de biens sociaux". Mitterrand fils admet avoir perçu ce montant mais en conteste le caractère illégal. Selon lui, cet argent rémunérait des services en communication qui n'avaient pas de lien avec un trafic illicite.

 



Jacques Attali, né en 1943 à Alger, est l'auteur de nombreux ouvrages sur la politique et l'économie. Il fut le principal conseiller du président François Mitterrand. Actuel conseiller du président Nicolas Sarkozy. Dans le contexte de l' "Angolagate", il aurait perçu une rémunération de 160 000 dollars US (180 000 francs). Attali conteste sa mise en examen pour "trafic d'influence" et "recel d'abus de biens sociaux". A l'en croire, cette somme correspondait à une mission sur le microcrédit qu'il a effectué pour l'Angola.

 

 


Charles Pasqua, né en 1927 à Grasse près de Nice, est l'un des piliers du Gaullisme. Il connaissait bien Pierre Falcone. Une société de ce dernier aurait alimenté une association dirigée par Pasqua à hauteur de 229 000 euros (358 000 francs). Poursuivi pour "trafic d'influence passif par une personne investie d'un mandat électif public", et pour "recel d'abus de biens sociaux", l'ancien ministre d'Etat et actuel sénateur, conteste également la totalité des accusations portées à son encontre.

 

Un procès torpillé par le pouvoir ?

Ce procès à grand spectacle ne se terminera que... mercredi 4 mars 2009 ! Dès à présent, les défenseurs vont tout faire pour que ces audiences soient annulées. Et ils disposent, dans leurs longues manches noires,
d'un précieux atout glissé par le gouvernement français ! En effet, ces débats en correctionnelle risquent fort d'entamer la nouvelle bonne entente entre la France et l'Angola, importante place pétrolière. Or donc, le ministre de la Défense Hervé Morin a envoyé le 11 juillet dernier une lettre aux avocats de Pierre Falcone ainsi libellée :

"Il résulte de l'examen du dossier de mon ministère, à la lumière de vos observations, qu'en l'absence de transit par le territoire français, la législation relative aux opérations de vente d'armes et de munitions (...) ne s'appliquait pas, aux dates retenues par le dossier de l'instruction, à l'activité exercée par M. Pierre Falcone."


On imagine la joie des défenseurs à la lecture de cette lettre. Pourtant, le Parquet de Paris - représenté par les vice-procureurs Yves Bardoc et Romain VIctor - soutient malgré tout que le trafic d'armes a été effectué à partir de la France. Et maintient donc son accusation. VIVE LA FRANCE, VIVE LA JUSTICE, VIVE LA RIPOUX-BLIQUE !


Sources
24 Heures

 

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